• Un communiqué de l'AEF sur le GRFDE

    Paris, mercredi 24 octobre 2012

    L'AEF a publie, sous la signature de Catherine Buyck, un article qui rend compte de la position prise (le 15 octobre 2012) par le GRFDE sur la place du concours dans la formation des enseignants.L'article informe également sur le GRFDE...

    Un collectif d'enseignants, chercheurs et militants pédagogiques fait des propositions pour « reconstruire la formation des enseignants »

     
     « Pourquoi la place du concours ne peut être pour partie en M1 et  pour partie en M2 » : tel est le titre d'une contribution du GRFDE  (Groupe reconstruire la formation des enseignants) (1), rendue  publique le 15 octobre 2012. Ce collectif « autonome » est constitué par des formateurs, enseignants, enseignants-chercheurs travaillant ou  ayant « travaillé au sein des IUFM et des universités tous engagés  avec opiniâtreté dans la lutte contre la désastreuse réforme dite de  la ‘masterisation' annoncée en juin 2008 par Nicolas Sarkozy ». Ce groupe a produit une première contribution en septembre intitulée « reconstruire la formation des enseignants », s'inscrivant à la fois  dans le cadre de la « concertation nationale pour la préparation de la  loi d'orientation et de programmation sur la refondation de l'École »  et dans celui des assises nationales de l'enseignement supérieur et de  la recherche. À la date du 18 octobre 2012, celle-ci avait reçue  quelque 140 signatures (2).

    « Un dispositif qui placerait de manière pérenne des épreuves  d'admissibilité en M1 et des épreuves d'admission en M2 ne nous semble  ni souhaitable ni même viable », indique le GRDFE dans sa deuxième  contribution. Entre autres, cela rendrait le programme des masters «  beaucoup trop lourd et incohérent ». « Focalisés sur les épreuves de  concours, quelle disponibilité les étudiants auront-ils pour  s'investir à la fois sur la préparation de leurs stages, pour  réellement progresser dans la partie à la fois disciplinaire et  professionnelle de leur formation ainsi que pour s'initier à la  recherche ? », demande le GRDFE.

    POUR UN CONCOURS « AVANT LE MASTER »

    « Reçus-collés ». Par ailleurs, ce dispositif « ne règle pas la  question des reçus-collés : que deviendront les étudiants reçus à leur  M1 mais collés au concours (80 % des effectifs en toute logique) ? Il  faudrait prévoir non plus des passerelles mais des autoroutes de  réorientation à la fin du M1 ». « De plus, la décision d'un jury  national de concours ne peut s'imposer au jury d'un diplôme  d'université et tenir lieu de filtre à l'entrée en M2. Même si une  sélection est établie par un jury universitaire souverain entre le M1  et le M2, celle-ci sera moins sévère que celle d'un jury de concours,  et des étudiants reçus à leur M1 mais collés au concours s'engageront  en M2, sans pour autant pouvoir passer les épreuves d'admission, tout  en représentant sans doute les épreuves d'admissibilité, et en  obtenant finalement un diplôme de master mais sans être nécessairement  reçu à un concours… », indique le GRDFE qui dénonce des situations « ubuesques ».

    Place du concours. Pour le GRDFE, « la place du concours (qui ne  signifie pas la fin de la formation) se situe donc avant le master  métiers de l'enseignement et, dans le cas où des étudiants auraient  déjà un master ou l'équivalent d'un master par des dispositifs divers  (notamment la VAE), un concours doit leur donner accès directement à  un M2 enseignement (…). Le concours ne doit pas s'insérer dans le  diplôme de master qui doit avoir sa cohérence propre pour assurer,  sous la responsabilité universitaire, dans le cadre [d'ÉPIA-FDE  (Écoles professionnelles interuniversitaires académiques de formation  des enseignants) que propose de créer le GRDFE], une articulation  entre formation disciplinaire et professionnelle, un va et vient entre  formation universitaire et pratique de terrain et être fermement  adossé à la recherche, disciplinaire et en éducation. »

    « NOUS N'OPPOSONS PAS FORMATIONS DISCIPLINAIRE ET PRATIQUE »

    Écoles. Le profil de ces ÉPIA-FDE est décrit dans la première  contribution du GRDFE : il s'agirait d'écoles organisant « la  coopération des divers acteurs de la formation (pas seulement ceux des  actuels IUFM) : enseignants-chercheurs spécialistes des disciplines,  chercheurs en didactique et en sciences humaines et sociales, etc.,  praticiens-formateurs, autres formateurs ». Ces écoles auraient « des  postes et des moyens spécifiques fléchés au sein de l'université,  garantis par l'État, lui permettant de fonctionner à l'échelle  académique ». Elles contribueraient « à mutualiser et optimiser les  ressources de formation et de recherche des différentes structures  universitaires de l'académie ». Enfin, elles travailleraient « en  partenariat avec les autres composantes de l'université et les  services de l'Éducation nationale déconcentrés (…). »

    Contenu de la formation. « Nous n'opposons pas (…) ni ne séparons  formation disciplinaire et formation pratique », indique aussi ce  texte. En effet, « loin de nuire à la maîtrise des disciplines, de  premières expériences d'enseignement, à condition d'être réfléchies et  analysées à la lumière des enjeux disciplinaires, (…) en sont un  élément structurant. D'où la nécessité, au bénéfice de la formation  disciplinaire et de la formation pratique, d'inscrire d'emblée le  processus de formation professionnelle dans des formes d'alternance. »  Celles-ci doivent être « progressives », « depuis les premières années  de licence, avec la préprofessionnalisation, jusqu'à l'entrée dans le  métier » et non se décliner selon « un modèle successif (d'abord la  formation disciplinaire, ensuite la formation pratique) ».

    Parallèlement, le GRFDE indique : « nous n'opposons pas, ni ne  séparons formation académique, initiation à la recherche, formation  didactique et formation aux sciences humaines et sociales ». En effet,  « les connaissances indispensables à l'enseignant ne peuvent donc se  limiter aux seuls contenus dits ‘académiques' ».
     
    (1) Les signataires sont aussi « adhérents ou militants de syndicats, de collectifs, de sociétés savantes ou d'associations  professionnelles et, souvent, (…) élus dans des conseils».
    (2) Dont François Dubet, professeur des universités en sociologie,  directeur d'études à l'EHESS ; Philippe Meirieu, professeur des  universités en sciences de l'éducation à l'université Lumière  (Lyon-II) ; Patrick Rayou, professeur des universités (Sciences de  l'éducation) à l'université Paris-VIII ; Bernard Toulemonde, Igen  honoraire et ancien recteur.…




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