• - Tous dans la même galère : un article de la revue "le SNESUP"

    Dans son numéro 618 d’octobre 2013 le mensuel « le SNSUP » publie un dossier fourni sur les ESPE, l’article que nous reproduisons met en lumière les difficultés rencontrées dès la rentrée par les ESPE et fait des propositions.

    Tous dans la même galère

    Les personnels et étudiants dans les ESPE vivent une rentrée chaotique et inquiétante. Il est grand temps que le ministère mette de l’ordre en apportant plus de moyens et une règlementation claire. par Muriel Coret et Francoise Salardaine, membres du collectif FDE du SNESUP

    Conditions d’inscription

    À cette rentrée, en tenant compte des situations de chacun vis-à-vis du concours et du master, on compte 14 catégories d’étudiants demandant à s’inscrire dans les ESPE. Pour ceux qui entrent après la licence, un choix unique : le master 1.

    Pour les autres, des choix multiples se présentent, variables selon les académies. À la question « Comment se préparer au nouveau concours ? », il n’est pas évident de répondre : • Si l’on a échoué à l’ancien concours 2012- 13, faut-il redoubler l’année de M1-MEEF que l’on a pourtant validée ? Passer en M2 si des aménagements ont été prévus pour pouvoir suivre, en plus des cours M2, une préparation à l’écrit ?

    • Dans l’hypothèse où l’on est titulaire d’un master autre que celui d’enseignement, faut il s’inscrire en M1, M2, DU ou AEU En Et à quel tarif ?

    Conditions d’études

    Les étudiants sont aussi confrontés à un manque de lisibilité des contenus de formation et des attentes des concours :

    • Publication en juillet de quelques sujets zéro, sans aucune proposition de corrigé, dont certains ont ensuite été retirés du site du ministère,

    • Doute sur les dates des épreuves d’oral pour les admissibles de juin 2013 : actuellement M2 contractuels, initialement annoncées pour juin 2014 mais qui semblent devoir se dérouler en mars-avril.

    Les conditions d’études sont aussi rendues difficiles par les multiples tâches à assumer simultanément :

    • En M1 : cours de master, préparation au concours (écrit et oral en fin d’année de M1), initiation à la recherche... en plus, pour beaucoup d’entre eux, d’une activité salariée.

    • En M2 : cours de master, rédaction du mémoire, validation des stages... et, pour les admissibles de juin, un tiers-temps en responsabilité dans la classe (mi-temps pour les futurs M2 à partir de septembre 2014 !), ainsi que la préparation à l’oral du concours !

    • Pour les étudiants du dispositif « Emploi Avenir Professeur » (étudiants boursiers se destinant à l’enseignement assurant un service de 12 heures en établissement scolaire), la charge de travail et le temps de présence en établissement – pas toujours compatible avec l’emploi du temps universitaire – ne garantissent pas de bonnes conditions d’études. Ce dispositif pénalise finalement les étudiants dont la situation financière est déjà la plus fragile.

    Conditions de travail des personnels

    Cette complexité génère des dysfonctionnements et parasite largement la communication entre les personnels et les étudiants, et même entre collègues.

    Concernant les BIATSS, les missions liées à la scolarité et à l’accueil des étudiants sont perturbées par la difficulté à saisir l’organisation générale de l’ESPE. Par ailleurs, de grandes inquiétudes pèsent sur l’éventuelle redistribution des tâches et des services de chacun, dans les contours encore flous de l’ESPE. La réduction drastique des maquettes de master et du temps de présence des étudiants sur les sites universitaires fragilisent l’existence des sites délocalisés et l’emploi des personnels.

    En outre, les personnels enseignants constatent les difficultés qu’entraîne la mise en oeuvre de maquettes construites dans la précipitation et, pour beaucoup, sans concertation. Les intitulés trop généraux, pensés pour l’accréditation des ESPE et non en fonction d’objectifs et de progression pédagogique peuvent apparaître comme des concepts vides qu’il est difficile de s’approprier.

    Faute de vraies équipes pluricatégorielles, l’apparition de nouveaux intitulés entraîne ici ou là, des rivalités entre universitaires, enseignants Premier/Second degré et corps d’inspection.

    Les contraintes sont telles (emplois du temps resserré des M2, incertitudes en début d’année sur les dates de stage M1 et M2 non admissibles, augmentation des effectifs, services des enseignants...) que la cohérence pédagogique de la formation est mise à mal.

    Un exemple : comment répondre, en 10 heures d’enseignement d’arts visuels en M2 PE, aux attentes d’étudiants qui, dans le même groupe, enseignent ou non la discipline dans la classe et sur des niveaux différents, préparent ou non l’option arts visuels au concours... ? À ces questions pédagogiques s’ajoutent des problèmes de définition des services : dans de nombreux sites, l’augmentation des effectifs étudiants n’a pas été anticipée et entraîne des problèmes de répartitions et de déséquilibres importants dans les services des collègues. Pour beaucoup, leur service annuel n’a toujours pas été communiqué au 30 septembre.

    Nous demandons :

    • La mise en place des nouveaux conseils des ESPE (CE et COSP), et l’élaboration des nouveaux statuts et règlement intérieur, prennent en compte la représentation effective des personnels enseignants, BIATSS et usagers de l’ESPE ;

    • que le dispositif AEP (qui ne rencontre pas le succès escompté) soit réexaminé, que le temps de présence en établissement soit réduit et rendu compatible avec les études ;

    • que les moyens attribués aux ESPE leur permettent d’assurer leurs missions (de formation, d’encadrement des étudiants).

    La FSU et l’UNEF (http://60.snuipp.fr/IMG/ pdf/communique_commun_fsu_unef.pdf) demandent que cette année transitoire 2013- 2014 débouche sur la mise en oeuvre d’une régulation nationale effective des masters MEEF et des préparations publiques aux concours, qui assure une meilleure lisibilité des parcours vers les métiers de l’enseignement et une équité de traitement des étudiants sur tout le territoire national.


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