• -Réponse du département de lettres ESPE Versailles au président de l'UCP

    Suite à une réponse jugée insuffisamment précise du président de l'UCP (dépêche AEF), les enseignants du département de lettres de l'ESPE de l'académie de Versailles réagissent.

    Monsieur le Président,


    Nous vous remercions d'avoir réaffirmé que l'engagement de l'UCP dans la réussite de l'ÉSPÉ passe par le maintien et le développement du potentiel de formation des enseignants que représentait l'IUFM.
    Les réponses données à certaines de nos inquiétudes - inquiétudes on ne peut plus légitimes compte tenu du contexte spécifique dans lequel l’Espé de Versailles se met en place - nécessitent encore, pour les lever, quelques précisions. C’est la raison pour laquelle notre courrier va prendre maintenant un tour très concret.
    Vous réaffirmez que les sites de St-Germain et d'Antony ont vocation à accueillir des formations d’enseignants, à côté de ceux de Gennevilliers et de Cergy. Mais qu’en est-il du site d'Evry ? Son absence peut immédiatement être interprétée comme une partition à brève échéance. Nous souhaitons que soit réaffirmée l’appartenance à l’UCP des personnels qui, exerçant l’an dernier à Étiolles, ont été transférés sur le site de l’université d’Evry.
    Vous annoncez votre souhait de recruter de « nouveaux professeurs » pour conforter les équipes. Dans votre réponse à l’AEF vous précisez que les départs à la retraite seront remplacés.
    • Comment faire face à une augmentation de 30% des étudiants en se limitant à ces remplacements ?
    • Comment serons-nous consultés sur la nature et le profil de ces emplois et associés aux futurs recrutements ?
    • Quel sera l'avenir des enseignants à temps partagé dont nous souhaitons qu’ils restent partie intégrante de nos équipes ?
    • Comment seront prises en compte les coordinations nécessaires pour harmoniser les formations dans différents départements de l’académie, compte tenu du fait que les formations de l’ex-IUFM représentent plus des deux tiers du volume étudiant de l’ÉSPÉ, comme votre courrier le fait remarquer ?
    • Quelle réponse donner aux collègues du 1° et du 2d degré, dont la carrière est bloquée de fait quand ils passent dans le supérieur ?


    Ce sont des questions qui demandent aussi des réponses précises.


    Par ailleurs, toutes nos inquiétudes demeurent sur le calendrier et les modalités de fonctionnement de l’ÉSPÉ de l'académie de Versailles.
    • Notre expertise est toujours sous-représentée dans les commissions de réexamen des maquettes (2 formateurs de l’ex-IUFM sur l’ensemble, et aucun co-pilote) alors que nous seuls sommes en mesure d’anticiper toutes les difficultés de mise en oeuvre pour les avoir connues avant la mastérisation : la parcellisation des évaluations par EC peu compatible avec une formation professionnelle intégrée, l’absence de cadrage sur le mémoire qui autorise des interprétations très éloignées du texte législatif dans certaines universités, l’inefficacité de grilles d’évaluation des stages calquées sur des compétences attendues d’un enseignant expérimenté et non d’un débutant.


    Concernant l’avenir des étudiants de l’Espé - les M2 lauréats du concours - comment serons-nous associés à la réécriture de ces maquettes ? Comment notre expérience sera-t-elle sollicitée pour retravailler la maquette de M2 2014-2015 ? Ces M2 lauréats du concours seront-ils inscrits à l’ÉSPÉ en première inscription dès la rentrée ou resteront-ils chacun dans leur université au risque de difficultés organisationnelles multiples et d’une rupture d’égalité au moment de la titularisation ? Verra-t-on se développer des formations de fonctionnaires-stagiaires entièrement à distance, choix difficilement justifiable pour exercer un métier de la présence ? Quelles décisions prendre pour les M1 qui auront échoué au concours ? Quelles collaborations avec les ÉSPÉ franciliennes dans le cadre des formations rares ?


    Enfin, vous indiquez que l’UFR d’éducation pourrait « accompagner…des formations (qui) ne seront pas intégrées immédiatement à l’école », mais le terme d’accompagnement mérite d’être clarifié, et implique que soit précisée l’articulation entre l’UFR dérogatoire et l’Espé. Ce lien ne peut jouer comme un élément moteur et positif que s’il est défini en toute transparence. Or comment s’opérera la répartition entre les missions de formation relevant de l’UFR au sein de l’UCP et celles ayant vocation à intervenir au sein de l’Espé? Quelle instance indépendante garantira-t-elle cette distinction entre des intérêts qui ne seront pas nécessairement fonctionnellement convergents ?


    De quelle manière, également, au sein de l’UCP, la politique de l’UFR d’éducation sera-t-elle définie par rapport à celle des autres UFR, avec quelle garantie de stabilité concernant ses missions et ses actions propres, indépendamment d’ajustements au sein d’une politique globale propre à l’université ?
    Ces questions ne procèdent donc pas d’une inquiétude qui pourrait être perçue comme vague et peu fondée mais d’un flou auquel il pourrait au contraire être opportunément et judicieusement mis fin.
    Certes, l'UCP n'a pas pouvoir de décision à elle seule en ce qui concerne la construction d'une ÉSPÉ valide ; cependant, dans une année cruciale qui doit décider un partage clair des rôles entre ÉSPÉ, universités partenaires et rectorat, l'UCP, en répondant précisément aux questions qui sont de son ressort, en indiquant ainsi clairement sa position, pourrait et devrait avoir un rôle moteur pour alerter tous les partenaires et tous les acteurs institutionnels sur les dangers pour tous de la situation actuelle.

    Pour le département de Lettres
    Marie-Laure Elalouf, Anissa Belhadjin, Solange Bornaz et Christine Mongenot


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