• - Rencontre GRFDE - FSU / Tendance école émancipée

    Vous trouverez ci-dessous le compte-rendu de la rencontre GRFDE (représenté par Marie France Winghardt et Didier Frydman) / FSU tendance École émancipée qui s'est tenue le 26 mai 2014.

     Compte rendu de la rencontre GRFDE / FSU tendance Ecole émancipée.

    Marie-France Winghardt et Didier Frydman se sont rendus lundi 26 mai 2014 à l’invitation qu’Adrien Martinez au nom de la FSU tendance Ecole émancipée a adressée au GRFDE. Il s’agissait de participer au groupe de travail consacré à la formation des enseignants constitué de membres de différents syndicats de la FSU (SNUIPP, SNES, SNESup) venant de plusieurs régions de France. Janine Reichstadt du GRDS (Groupe de recherche sur la démocratisation scolaire) figurait aussi parmi les invités.

    Notre présentation a consisté à présenter l’état de ruine dans lequel se trouvait la formation des enseignants depuis le gouvernement Sarkozy, état de ruine duquel le dispositif Peillon ne permettait pas de sortir.

    Nous avons rappelé que la place du concours en fin de M1 ne permettait pas une réelle formation professionnelle, l’année de M1 étant consacrée au bachotage d’un discours pédagogiste éloigné des réalités d’une classe tandis qu’en M2, le demi-service effectué devant élèves interdisait une réelle analyse des pratiques, un renforcement de la maîtrise des contenus et la réalisation d’une recherche de qualité. La réduction des volumes horaire des maquettes des masters enseignement se traduit par une réduction du temps de formation disciplinaire en M1, qui ne peut être compensée ni en M2 ni dans le cadre de la formation continue qui, elle-aussi, a été en grande partie détruite par les dernières contre-réformes.

    Le nouveau concours de recrutement des professeurs des écoles aggrave encore cette dégradation en évacuant 9 disciplines sur les 13 qui sont enseignées à l’école primaire et en évaluant des pseudo-compétences professionnelles qu’aucune pratique de classe n’a permis de construire. La polyvalence des nouveaux professeurs des écoles est grandement compromise par cette situation.

    Nous avons évoqué la situation insupportable des étudiants devant tout à la fois valider les enseignements du master (le master MEEF 1er degré de l’académie de Créteil comporte 22 épreuves ou exercices notés en M1 et 14 en M2), préparer en M1 un concours, mener une recherche, effectuer un demi-service d’enseignement en M2 (qui les maintiendra vraisemblablement dans un seul niveau de classe toute l’année).

    Nous avons encore déploré la transformation des ESPE en « usine à gaz » en raison de la multitude des profils et parcours des étudiants qui cohabitent parfois dans les mêmes cours avec des besoins différents. Parmi ces profils figurent bien sûr les reçus au master / collés au concours qui vont alimenter une armée d’enseignants précaires, menaçant le recrutement par concours et l’appartenance des futurs enseignants à la Fonction publique d’Etat.

    Nous avons souligné l’affaiblissement du maillage territorial dû à la fermeture, effective ou programmée, de plusieurs sites de formation ainsi que la disparition d’une formation des enseignants identique sur tout le territoire national en raison de l’autonomie des universités et de la faiblesse du cadrage national appliqué aux masters enseignement.

    Nous avons ensuite présenté les propositions du GRFDE en montrant qu’elles apportaient une solution à l’ensemble de ces problèmes sans pour autant coûter plus cher.

    Au cours du débat, nous avons resitué les enjeux de la formation des enseignants dans le contexte politique actuel marqué à une progression alarmante du Front national.

    Le débat a porté sur l’éventuel décrochage entre le 1er et le second degré qu’un concours situé en fin de L3 pouvait provoquer.  Ce risque a été écarté, y compris par plusieurs membres de la FSU, par le rappel que plusieurs emplois de la Fonction publique, tels les magistrats, se préparaient dans des écoles dont le concours d’entrée se passait sous condition de licence sans empêcher une reconnaissance du niveau master à la sortie de l’école. Il a été rappelé que le passage du recrutement des enseignants au niveau master s’était traduit par une revalorisation très minime, en dépit d’une grille indiciaire légèrement modifiée notamment pour les enseignants en début de carrière.

    A l’argument selon lequel valider une L3 et préparer un concours pouvait également constituer une étape difficile, nous avons objecté que cette situation était préférable à celle qui consiste à mener de front la validation d’un master et la préparation d’un concours surtout si les épreuves s'appuient d'abord et surtout sur des contenus disciplinaires travaillés en licence. Une préprofessionnalisation en cours de Licence permettrait d'entrevoir  le métier.

    Les débats ont aussi porté sur ce qu’il fallait entendre par formation de haut niveau et formation commune à tous les enseignants.

    Nous avons été amenés à préciser que les écoles professionnelles que nous envisagions auraient une dimension académique et inter-universitaire, à rappeler l’importance que nous accordions à la prise en charge de la formation par des équipes pluri-catégorielles, que les tensions actuelles entre formateurs de catégories différentes étaient générées par le système actuel qui tendaient à placer les personnels en situation de concurrence.

    Nous avons souligné que, la LRU n’ayant pas été abrogée par le ministère de Éducation nationale, les universités se retrouvaient dans des situations budgétaires très difficiles, difficultés qui se répercutaient dans les ESPE intégrées (exemple du site d'Evry - Université de Cergy-Pontoise ESPE de l'académie de Versailles). Dans un cadre de restriction budgétaire et de maîtrise des dépenses publiques, les postes de formateurs sont en nette réduction tandis que leurs conditions de travail et de salaire se dégradent.

    Nous avons été amenés à préciser que, dans notre esprit, permettre l’accès des métiers d’enseignants aux étudiants issus des catégories populaires ne signifiait pas qu’il fallait confier les élèves issus de ces milieux populaires à des enseignants issus de ce même milieu. De même, nous avons insisté sur le fait que la démocratisation du recrutement des futurs enseignants passait avant toute chose par la démocratisation de l’accès à l’Université et à la possibilité pour tous les étudiants de poursuivre leurs études. La question d'un pré-recrutement ne devait pas évacuer cette première exigence.

    En fin de débat nous avons déposé les documents présentant les propositions du GRFDE notamment ceux qui contiennent leur chiffrage.  

    Pour le GRFDE,

    Marie-France Winghardt et Didier Frydman


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