• Nous publions pour mémoire la question du député JJ Urvoas du 3/12/2013, qui a fait l'objet d'une réponse le 4/03/2014 qu'on pourra lire à la suite. On constatera que, sans les rejeter, le ministère laisse les mouvements pédagogiques sur le seuil de la formation.

    M. Jean-Jacques Urvoas attire l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale sur la place des mouvements pédagogiques dans les écoles supérieures du professorat et de l'éducation (ESPE). Aujourd'hui, ces mouvements sont reconnus par l'éducation nationale comme partenaires à part entière et ont été conviés aux travaux sur la refondation de l'école. Ils siègent désormais au conseil de l'innovation pour la réussite éducative. Pour autant, ils n'apparaissent toujours pas ni dans les textes ministériels, ni dans les maquettes des ESPE, ni dans les programmes de formation destinés aux futurs professeurs des écoles. Dans le cadre de la réforme des rythmes scolaires et des projets éducatifs territoriaux, ils se retrouvent la plupart du temps noyés au sein du secteur associatif où seule émerge l'éducation populaire avec ses activités autour de l'école. Pourtant, les enseignants des mouvements pédagogiques sont bien présents dans les établissements. Ils forment un réseau de professionnels, de praticiens chercheurs, tout disposé à nourrir les formations initiales et continues, à enrichir les pratiques et à accompagner les jeunes professeurs de leur expérience. En substance, l'innovation et ses expérimentations pédagogiques existent depuis plus d'un siècle, mais restent confinées, méconnues, voire écartées. L'évolution des pratiques implique de travailler avec les enseignants qui portent l'innovation au cœur de l'école. Certes, de plus en plus nombreux sont les mémoires de recherche d'étudiants relatifs aux nouvelles pédagogies. Mais il est paradoxalement difficile de les accompagner car il n'existe pas, à de rares exceptions près, de passerelle officielle ou de cadre entre ESPE et enseignants-praticiens-chercheurs des mouvements pédagogiques. Aujourd'hui, force est de constater l'absence de ces mouvements au sein du projet de refondation de la formation. Dans la mise en place des ESPE, leur place effective est quasi-inexistante. Il souhaiterait dès lors connaître les dispositions envisagées en vue de déverrouiller les blocages persistants à l'échelle académique de telle sorte que s'ouvre la formation initiale des ESPE aux mouvements pédagogiques agréés et que leur place soit ainsi légitimement et officiellement reconnue.

    Réponse :

    La refondation de la formation des enseignants et des personnels éducatifs confiée par la loi aux écoles supérieures du professorat et de l'éducation (ESPE) est encadrée par trois textes cadres qui couvrent l'ensemble des exigences croisées des ministères de l'éducation nationale et de l'enseignement supérieur et de la recherche. Deux d'entre eux ont été élaborés conjointement par ces mêmes ministères : ce sont le cahier des charges d'accréditation, qui a guidé et structuré tout le processus d'élaboration des projets d'ESPE entre janvier et juillet 2013, et l'arrêté du 27 août 2013 fixant le cadre national des formation dispensées au sein des masters « métiers de l'enseignement, de l'éducation et de la formation ». Le troisième texte est le référentiel des compétences professionnelles des métiers du professorat et de l'éducation, publié par arrêté le 1er juillet 2013, qui pose les attendus métier du ministère de l'éducation nationale. Ces textes insistent sur l'importance de l'innovation pédagogique et donnent toute leur place aux associations partenaires de l'école : le cadre national dispose, en son article 3, que la formation est organisée « en associant des professionnels intervenant en milieu scolaire dans le cadre de partenariats éducatifs » et, en son article 10, qu'elle « s'appuie sur la connaissance des méthodes pédagogiques innovantes et les compétences liées à leur mise en oeuvre ». De son côté, le référentiel précité prévoit que la compétence « coopérer avec les partenaires de l'école » doit être développée par tous les enseignants et personnels. Les ESPE sont ouvertes aux partenaires complémentaires de l'école, notamment au service des objectifs communs que sont la lutte contre les inégalités sociales et culturelles et l'émergence de savoirs et de pratiques à visée d'émancipation et d'éducation à la citoyenneté. Elles ont intégré des représentants du monde associatif dans les instances de pilotage. Elles travaillent avec eux des formes d'intervention diversifiées à l'intérieur des modules de formation et sous la forme de journées et de semaines à thème, voire de création de centre de ressources et d'innovation des actions partenariales. De telles initiatives seront mutualisées afin d'avoir un effet d'entraînement vertueux entre les ESPE, avec des associations et des mouvements pédagogiques qui ont été invités à être force de proposition auprès d'elles.


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  • Au cours de l'hommage rendu à André devant des dizaines de personnes, le jeudi 13 février, au cimetière de Pontoise, Didier Frydmann a pris la parole au nom du GRFDE, un grand merci à lui.

    Merci à tous pour vos encouragements qui m'ont réchauffé le cœur et évité d'être submergé par l'émotion. La cérémonie était très émouvante. Il y avait beaucoup de monde, dans le froid, le vent mais sous le soleil. Il y a eu de nombreuses prises de parole qui montraient le rayonnement d'André. Toutes évoquaient son humanisme, son engagement, sa rigueur, son intégrité, son ouverture aux autres ... Parmi d'autres : des enseignants du premier degré, d'autres de RASED, des IEN avec qui André travaillait encore recemment, des représentants du SNUIpp, du SNESup, du Parti communiste, des éditions Retz, des amis comme Rémi Brissiaud ... Tous avaient la gorge nouée en évoquant André.

    Je vous reproduis ci-dessous le texte de mon intervention.

    Hommage du GRFDE à André Ouzoulias

    Bonjour,

    Je voudrais évoquer l’activité du GRFDE (le Groupe Reconstruire la Formation des Enseignants) dont André a été à l’initiative et le principal animateur.

    Cette expérience humaine et militante permet d’éclairer sa personnalité.

    André a contacté en 2012 une dizaine de formateurs qui avaient participé comme lui à la grande mobilisation de 2009- 2010 qui a tenté de s’opposer à la casse de la formation des enseignants décidée par le gouvernement de Nicolas Sarkozy.

    En constituant ce collectif, André voulait que la question de la formation des enseignants soit présente durant la campagne électorale présidentielle.

    A partir de ce moment, j’ai été emporté par l’énergie d’André dans un véritable tourbillon et mon activité militante a pris une dimension totalement nouvelle.

    J’ai eu la sensation d’être hissé sur les épaules d’un géant pour regarder plus loin.

    André était un militant qui ne se résignait pas aux injustices sociales. L’Ecole de la république était pour lui un instrument permettant de s’y attaquer et il voulait qu’elle offre ce qu’il y a de meilleur aux enfants de notre pays et en particulier à ceux appartenant aux catégories sociales défavorisées.

    C’est dans ce projet que se trouve toute sa cohérence de formateur, de chercheur et de militant.

    Ses recherches visaient à permettre l’entrée de tous les enfants dans le monde de la lecture, son activité de formateur et de militant au sein du GRFDE visait à les confier à des enseignants les mieux formés possible et à permettre aux jeunes issus des milieux populaires à devenir eux-mêmes enseignants.

    Pour faire progresser ce projet démocratique André nous a dans un premier temps conduits à élaborer des propositions concernant la formation des enseignants, susceptibles d’être reprises par les partis de gauche engagés dans la campagne électorale.

    La méthode d’élaboration de ces textes était en cohérence avec ses conceptions démocratiques. Chacun apportait sa contribution dans le respect des autres, l’intelligence de chacun était mise au service de la pensée collective et chacun en sortait plus intelligent, nourri par la réflexion des autres. Le texte ainsi élaboré était ensuite adressé pour amendements aux signataires du texte fondateur du GRFDE qui réunissaient près de 200 personnes.

    L’idée d’André n’était pas d’élaborer des idées pour des lendemains lointains mais d’obtenir des avancées immédiates.

    Le parti qui a remporté les élections présidentielles et législatives n’ayant pas pris à son compte nos propositions, nous les avons ensuite présentées dans le cadre de la consultation « Refondons l’Ecole de la République » initiée par le nouveau gouvernement.

    Celle-ci n’ayant pas non plus retenu nos propositions, nous avons, sous l’impulsion d’André, contacté les parlementaires qui allaient avoir à voter la loi.

    Pour André, il ne s’agissait pas de contacter seulement les différents groupes parlementaires qui composent le Sénat et l’Assemblée nationale. Il a insisté pour que chaque parlementaire reçoive personnellement notre texte et nous nous sommes retrouvés à constituer la liste exhaustive des adresses électroniques de chacun des sénateurs et de chacun des députés.

    Il ne s’agissait pas non plus d’un simple texte proposant les grandes lignes d’une formation des enseignants de qualité. Il s’agissait d’une véritable proposition de loi qui aurait pu être adoptée telle quelle par le parlement pour être ensuite promulguée par le Président de la République.

    Quand la loi a été adoptée en première lecture par l’Assemblée nationale sans qu’aucune de nos propositions n’ait été reprise, André nous a suggéré d’envoyer à chaque sénateur des propositions d’amendement pour encore tenter d’améliorer les choses. Là encore, les amendements se présentaient dans une version qui pouvait être définitive prêts à être adoptés en l’état.

    Dans le même temps, nous avons chiffré nos propositions, tenu une conférence de presse qui a débouché sur de nombreuses sollicitations d’interviews. Nous avons été reçus par une commission sénatoriale, nous avons été invités par presque tous les groupes parlementaires, nous avons rencontré des dirigeants nationaux de plusieurs syndicats et partis politiques. Nous avons même été invités au ministère de l’Education nationale par les conseillers à la formation des enseignants des ministres Peillon et Fioraso.

    Tous ces efforts n’aboutissant toujours pas, nous avons, avant le vote définitif de la loi, adressé une lettre ouverte au Premier ministre et au Président de la République.

    Toute cette activité que nous avons déployée sous l’impulsion d’André révèle une énergie, une ténacité et une maîtrise technique des dossiers hors du commun.

    Les graines que nous avons semées portent d’ores et déjà leurs fruits. A l’heure où je vous parle, les étudiants et formateurs des ESPE du Mans, de Bordeaux, de Nantes et de Poitiers sont en lutte pour une formation des enseignants de qualité et s’inspirent des textes du GRFDE, ils me l’ont fait savoir par un message.

    Ce que le GRFDE n’a pu obtenir par ses multiples interventions auprès des décideurs, nous l’obtiendrons par nos luttes. C’est aussi ça le message d’André.

    S’il existe une vie dans l’au-delà, je suis sûr qu’André est en train de convaincre Nelson Mandela qu’il faut soutenir nos propositions.

    Pontoise, 13 février 2014, Pour le GRFDE, Didier Frydman

    Didier FRYDMAN (Animateur du GRFDE)

    Cher(e)s collègues, C’est avec une très grande tristesse que je vous annonce le décès   d’André Ouzoulias. Le GRFDE m'a donné la chance de le côtoyer de   près. C’était un militant infatigable agissant pour que l’école de la république offre ce qu’il y a de meilleur à tous les enfants de notre pays, en particulier à ceux appartenant aux catégories   sociales défavorisées. Le combat contre les inégalités   socioculturelles étant notamment conditionné à la qualité de la formation des enseignants, il a animé notre groupe avec une énergie peu commune. En sollicitant les intelligences de chacun, en mobilisant la réflexion collective, dans le plus grand respect des opinions de tous, il a permis l’élaboration de textes sur la   formation des enseignants d’une très grande qualité. J’espère que malgré son absence nous saurons poursuivre ce combat pour l’égalité.

    Patrice NAGEL, ancien responsable des formations spécialisées à l'IUFM de LILLE.

    C'est avec une grande tristesse que je viens d'apprendre, tardivement, le décès de André Ouzoulias.
    Je partage toujours ses analyses et sa perception de la situation, tout comme ses convictions sur le rôle des enseignants et la formation.
    Je transmets mes sincères condoléances à sa famille.

    Marie-France WINGHARDT

    André  était  un  ami  à perpétuité  avec qui travailler, échanger, débattre, rire avec humour, et pour moi  un  père d'adoption  politique et pédagogique.

       Je lui dois  énormément  comme tous les amis du GRFDE . Sa pugnacité,  la lucidité de ses analyses et leur  pertinence  étaient   et resteront le coeur de notre groupe.

        Mais  je retiendrai surtout  sa gentillesse   accueillante   et  chaleureuse  avec ce petit air ensoleillé , et  ces paroles pleines de sagacité qui en feront  à jamais  un homme de lumière . "                      

                                                     

    M.CLAEYSSEN, Ancienne directrice adjointe de l'IUFM de l'académie de VERSAILLES

    Je serai,après demain,par la pensée auprès d'André OUZOULIAS ,de sa famille et de ses amis...
    Ancienne directrice adjointe de l'IUFM de l'académie de VERSAILLES,j'ai pu apprécier ses qualités d'enseignant et de chercheur ,dans le domaine de l'éducation.
    Son implication au sein du GFRDE, son oeuvre,son action ne resteront pas vains.Toutes les idées qu'il a portées auprès des politiques,des futurs enseignants,sont et resteront des repères  et fondements à de nouvelles pratiques et recherches .Pour cela ,je tiens à affirmer toute ma reconnaissance et mon respect 

    François BOULE

    J’ai côtoyé  André pendant bien des années d’un IUFM à l’autre, de colloque en conférence, et jusqu’à son ultime et bel entretien donné au « Monde ».

    Bienveillant et chaleureux, il était homme de conviction et défenseur infatigable et lucide de l’école républicaine.

    Nous avons perdu un ami, mais son regard qui pétille, sa parole entraînante, son engagement résolu demeurent en nous.                                                                     

    Caroline SCHREIBER Grenoble

    Que faisons-nous de nos mains désormais, hormis le fait de les joindre ensemble pour le départ d'André ? Comment continuer après avoir relu chacun l'analyse détaillée sur le Monde qu'il a pris le soin de publier ces dernières semaines :http://education.blog.lemonde.fr/2014/01/16/formation-des-enseignants-espe-espoirs-et-desespoirs-entretien-avec-andre-ouzoulias-texte-integral/

    Oui, continuer pour lui et avec lui, avec son exemple... ne nous adresse-t-il pas un clin d'œil vigoureux et amusé dans la dernière phrase de sa longue et impeccable interview publiée ces dernières semaines sur le bloc du Monde... "l'avenir est entre leurs mains" ;-) Que faire des nôtres ?

    Allons-nous, comme son titre nous le laisse choisir, pencher vers le désespoir ou au contraire vers l'espoir ? Et si oui, comment faire plus que de décréter le jour de ses obsèques "jour de non-deuil" (ou de reconstruction) de la formation des enseignants ?

    Sylvie Clabecq Responsable « Culture, École et Pratiques Éducatives » Cemea Pays de la Loire http://www.cemea-pdll.org

    Très triste, je suis. J'aimais beaucoup André. J'étais profondément impressionnée par sa capacité à analyser, à dynamiser, par sa force et sa détermination à lutter. Oui, il faut continuer... ensemble.

    Je parle en mon nom, mais aussi en tant que militante des Ceméa.

    Nous avions commencé à tisser des liens avec lui, avec Didier, avec le GRFDE. Continuons, ne lâchons pas, nous battre pour une formation de qualité  des personnels de qualité, c'est nous battre pour une école plus juste, plus égalitaire. Oui, Caroline, merci de citer Ouzoulias. Sa dernière phrase était "Il est clair que, si les formateurs ne s’expriment pas collectivement et avec suffisamment de force, le pouvoir n’a aucune raison de changer profondément quoi que ce soit. L’avenir est entre leurs mains ." Alors...

    Marie-France Winghardt

    Je suis sous le choc . André était  un ami très proche ; nous partagions (comme c'est vrai ce que dit Isabelle Peltier) tellement de valeurs et de finalités politiques au sens noble du terme ... Et voilà  que sans lui il va nous manquer la grande âme de notre groupe ..                                                 

    Catherine Boré PR émérite

    Je suis effondrée. André était un très cher et ancien ami ; j’ai admiré son travail, son oeuvre menée avec acharnement et générosité jusqu’au bout. Pour lui, il faut continuer

    Sylvain Grandserre, Maître d'école à Montérolier (76), Auteur, chroniqueur presse/radio

    C'est avec stupeur et tristesse que j'apprends la disparition d'André...

    Un peu éloigné des débats éducatifs ces derniers temps, je mettais de côté pour plus tard ses récentes contributions sur la lecture et la formation, avec l'idée d'en discuter avec lui. Il y a peu de temps, en janvier, après lecture d'un de ses articles sur l'évaluation, je lui adressai une question à laquelle il répondit aussitôt avec toujours cette même conviction qu'on lui connaissait. J'ignorais alors que ce serait notre ultime échange...

    J'ai eu la chance d'entrer en contact avec André il y a quelques années pour lancer, à son initiative, le mouvement "Darcos démission". Il s'agissait à la fois de recueillir des milliers de signatures (15.000 signatures avant que le site soit mystérieusement hacké...) mais aussi d'animer ensemble le mouvement au travers de communiqués.

    Dans la même lignée, il y a eu le mouvement de boycott des évaluations nationales de CE1 et CM2. Des aventures fortes, riches, avec de nombreux échanges où André faisait preuve à chaque foi d'autant de détermination que de respect. J'ai en mémoire sa réactivité, sa disponibilité, son optimisme contagieux !

    J'ai eu la chance par la suite de le rencontrer pour une intervention commune à Paris, dans un congrès de l'ICEM sur la formation des enseignants. Premier contact avec un homme aussitôt chaleureux, positif, drôle mais aussi extrêmement pertinent et efficace ! Nous nous sommes retrouvés ensuite lors d'un congrès national de la FNAME à Rouen. Je vis à quel point les questions d'apprentissage pouvaient le passionner tout autant que celles relatives à la formation ou à la politique éducative. Et toujours cette chaleur humaine, cette facilité de contact, l'attention aux autres et le respect de leur travail.

    Voilà pour mon modeste témoignage. Nous n'étions pas intimes mais le peu que l'existence m'a donné à voir d'un personnage si riche est déjà énorme, et me laisse le souvenir d'avoir rencontré un grand bonhomme dont l'idéal éducatif continuera à nous inspirer.

    Lise Normand, Université de Lorraine

    Beaucoup de peine en apprenant le décès d'André Ouzoulias, que je ne connaissais pas personnellement, mais qui a été pour moi durant une grande partie de ma carrière de formatrice à l'IUFM et aujourd'hui à l'ESPE,une référence. Je venais de donner à mes étudiants la référence des ces 4 articles parus récemment dans le Café Pédagogique, heureuse que j'étais de trouver sous sa plume ce qu'il m'arrive de dire en cours et de pouvoir m'appuyer sur un chercheur aussi clairvoyant et vigilant dans la défense de l'école de la République. Aujourd'hui, très modestement, je voudrais dire que nous sommes nombreux à avoir de la peine et qu'il va beaucoup nous manquer.

    Françoise Salmon

    Adieu André ! J'ai eu le plus grand plaisir à te rencontrer de nombreuses fois, à lire tes textes, à partager tes actions et ton engagement. Restera donc inscrite dans ma mémoire, l'image d'un homme qui a su nous faire avancer par ton savoir avec coeur et ta professionalité à la fois. 

    Danielle Zay, Professeure honoraire, Université Charles de Gaulle Lille 3

    Je n'ai pas connu personnellement André Ouzoulias, mais j'ai la plus grande estime pour son oeuvre. Je serai avec vous par la pensée.

    Danièle Manesse, Université Paris3-Sorbonne nouvelle, associée à André Ouzoulias dans le groupe de recherche GRAC du DILTEC.

    André : capacité de synthèse exceptionnelle, opiniâtreté dans les combats compliqués, jamais découragé, sens politique formidable pour négocier, rallier. Inlassable producteur de textes scientifiques précieux parce qu'ils sont rigoureux et conçus pour être compris par le grand nombre. Et puis l'homme : si bon, désintéressé, se dépensant sans compter, plein d'humour et de joie de vivre. Irremplaçable camarade de travail.

    Danièle Avezard

    Lors de ma carrière de prof d'arts visuels à l'IUFM de Cergy, j'ai eu l'occasion de travailler avec André dans le cadre de la formation continue. J'appréciais sa capacité à réunir des professeurs à partir d’un programme de stage de formation continue, intéressant et stimulant. Il était délicat avec tous, et surtout avec les femmes. Lors des luttes syndicales, il répondait présent et s’investissait partout ou il pouvait se sentir efficace. Il avait parfois des indignations, de la colère, mais toujours justifiées. Nous nous sommes revus au moment de la retraite, et je garde le souvenir des marches dans la campagne, des « pique nique » ensoleillés ou chacun apportait sa contribution au repas collectif avec vins et victuailles et café. C'était bien, dans ces moments là, de se retrouver entre anciens collègues, avec ce point commun qui nous reliait malgré nos différences, le travail quotidien à L'IUFM.  Ce long parcours a laissé, je pense, dans nos mémoires, une trace inoubliable. L’IUFM a été beaucoup critiquée et supprimée, mais on pas assez reconnu l'investissement des professeurs de cette institution, et tout particulièrement celui d'André. Il n’empêche qu’aujourd’hui, certains enseignants en poste ne doivent pas regretter la formation qui leur a été dispensée à l’époque.

    Un dernier souvenir récent au printemps 2013 : nous attendions des collègues pour une visite à Giverny, manque de chance, la pluie s'était invitée ce jour là, André, Joëlle et moi étions les seuls au rendez-vous. La visite a eu lieu quand même pour le grand plaisir d’André, et le repas sur le pouce a été illuminé à midi d’un rayon de soleil inattendu.

    C'est lors de la  dernière fête de juin 2013 chez Elizabeth que j'ai pu le photographier entouré de tous ses collègues de philo. Adieu André.

    Hélène Weis, Centre ESPE Saint-Germain-en-Laye

    André Ouzoulias ! Pour moi, formatrice depuis peu, c’était un nom d’abord  sur la couverture de l’Apprenti lecteur en difficulté, brochure lue et relue, dans tous les sens, pour une utilisation intensive en cours.
    Puis naturellement une haute figure des colloques, où l’on entendait souvent une voix rapportant de passionnantes expériences de classe, avec souvent une fausse et habile naïveté.
    Enfin, une rencontre lors des premières manifs contre la masterisation. J’ose m’approcher du maître… et nous passons toute la manif à parler GS et CP,  passionnément, en particulier concernant ce qui me paraissait une reprise des méthodes naturelles bien connues autrefois autour de notre centre, dans les écoles annexes.
    En dernier lieu, les classes des Mureaux, où les maîtresses suivaient avec dévotion des instructions précises concernant le doute orthographique, qui cette fois évoquaient pour moi l’ancienne méthode Daumas.
    Et jusqu’au dernier moment, des réponses aux mails, je conserve précieusement ceux de novembre dernier à propos de débats sur la compréhension en GS…
    Une passion constante au service des élèves, particulièrement dans les ZEP, et de la formation des maîtres et pour moi, au milieu de ce qui commence à apparaître comme un désert pédagogique - l’université
    d’après la masterisation où le contact avec les classes est de plus en plus difficile- un grand souffle d’air pour des moments d’intérêts partagés. Bref, un grand maître, très fort regretté.

    Guy MANNEUX, Formateur Collège de Technologie, ESPE de l'académie de Paris, Université Paris-Sorbonne,

    Touché par la disparition d'André que j'avais côtoyé (il y a si peu de temps) dans les manifs Parisiennes contre la réforme de la formation des enseignants et aussi par ses paroles écoutées et lues auparavant et depuis... J'avais pu mesurer combien André était quelqu'un de très "éducation pour tous" avec des positions très affirmées de démocratisation de l'enseignement qui se prolongeait "naturellement" dans son action de défense de la formation des enseignants. Il nous invitait par sa veille, sa vigilance, ses prises de positions publiques à ne pas baisser les bras pour défendre encore, encore et encore une formation de qualité des enseignants. Il a encore raison. Continuons son engagement !

     

     

     

     

     

     

     


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  • Notre ami André Ouzoulias est interviewé longuement par Luc Cédelle sur son blog du journal Le Monde.

    Les réponses apportées au journaliste permettent de faire un point rétrospectif sur les ESPE et la formation des enseignants, sur le rôle du GRFDE, ses positions et ses propositions.

    A lire et à faire lire...


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  • Le 14 janvier 2014 V. Peillon a répondu à la question posée le 19 02 2013 (voir plus bas) par le député JJ. Urvoas (SRC finistère) à propos de la place des mouvements pédagogiques dans la formation continue des enseignants. (sauf erreur de notre part la compétence visée dans cette réponse n'est pas la 11ème, mais la 14ème)

    Enseigner est un métier complexe et exigeant, qui s'apprend tout au long de la vie. La refondation de l'Ecole de la République, dont l'enjeu est essentiellement qualitatif, repose donc sur une refondation pédagogique qui est directement liée à la qualité d'enseignants bien formés. La nouvelle loi d'orientation et de programmation pour la refondation de l'Ecole vise à créer les conditions d'une formation initiale et continue de qualité, à la hauteur des enjeux du 21e siècle. Les Ecoles supérieures du professorat et de l'éducation en seront un levier privilégié. Leur objectif consistera à mobiliser l'ensemble du potentiel présent sur leur territoire pour mettre en oeuvre une formation intégrée, progressive, de type simultané, et à démontrer leur capacité à être un acteur de l'expérimentation et de l'innovation pédagogique, éclairé par la recherche. Pour ce faire, elles doivent associer dans leurs équipes des enseignants-chercheurs, des praticiens formateurs des premier et second degrés et des professionnels intervenant en milieu scolaire, dont les organismes et les associations complémentaires de l'école sont partie prenante. Les mouvements pédagogiques agréés pourront ainsi y trouver leur place en valorisant auprès de chaque ESPE, au côté des services académiques de la formation, leur capacité à contribuer à atteindre un objectif de la formation. Ceux-ci sont décrits dans plusieurs documents cadres en cours de publication dont le nouveau référentiel de compétences des métiers du professorat et de l'éducation, qui constituera un cadre de référence à la formation initiale et continue. Celui-ci fait de « la capacité à s'engager dans une démarche individuelle et collective de développement professionnel » la 11e compétence commune à tous les enseignants. Elle précise que sa maîtrise comprend le fait d'actualiser ses connaissances scientifiques, didactiques et pédagogiques, le fait de se tenir informé des acquis de la recherche et de participer à des démarches d'innovation pédagogique pour améliorer les pratiques d'enseignement ; mais aussi la capacité à réfléchir sur sa pratique et à identifier ses besoins de formation pour mettre en oeuvre les moyens de développer ses compétences en utilisant les ressources disponibles. La reconnaissance de la liberté d'initiative et de la valeur de la formation entre pairs est affirmée ici : le dispositif de la formation continue tel qu'il existe aujourd'hui mérite d'être optimisé avec le concours de tous les acteurs qui y contribuent pour s'ouvrir à d'autres modalités. Le développement professionnel continu dans sa dimension collective, à l'échelle d'une école ou d'un réseau d'établissements, sera encouragé. Il conviendra d'initier les chefs d'établissement à des compétences d'animation d'équipes et les enseignants à la démarche de projet et à la participation à des projets de recherche-action.

     


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  • - Victoire pour les étudiants de l'ESPE Aix Marseille  - Victoire pour les étudiants de l'ESPE Aix Marseille

    Samedi 14 Décembre

    La mobilisation des étudiants de l'ESPE Aix Marseille s'est soldée par un accord avec la direction de l'école satisfaisant leurs revendications.

    Ils revendiquaient les moyens nécessaires pour pouvoir préparer dans de bonnes conditions les concours CRPE, CAPES CAPEPS, ils se sont mobilisés contre les baisses de volume de formation, pour un fonctionnement démocratique de l'École Supérieure du Professorat et de l'Éducation (ÉSPÉ).

    Les syndicats de la FSU (SNESup SNES SNUipp SNUEP SNEP) et la CGT FERC éduc'action les ont soutenus tout le long du conflit.

    Vendredi 13 Décembre :

     Le site est bloqué dès 7  heures, les étudiants avaient voté la veille le principe d'ouvrir l'ESPE exceptionnellement pour permettre la tenue d'un colloque syndical sur les "20 ans de la FSU et l'avenir du syndicalisme de transformation sociale".

    Un rendez vous avec la direction de l'Espe et l'ensemble des formateurs était fixé à 10 heures.

    Après deux heures et demie de négociations, une nouvelle AG a acté les avancées considérables et les concessions faites par la direction : 

    • assurance d'avoir des groupes de TD limités à 30 élèves 
    • introduction de moyens supplémentaires pour assurer les enseignements en TD plutôt qu'en cours magistraux
    • assurance sur le contenu pédagogique et la préparation aux concours, 
    • assurance d'être associés aux différentes instances de concertation de l'école au même titre que les personnels et les organisations syndicales représentatives de la profession.

    Une victoire totale qui fait chaud au cœur dans le contexte actuel.

    Les syndicats de la FSU doivent de nouveau rencontrer la direction de l'Espe pour la mise en place des structures de concertation afin d'éviter que de telles situations de crise ne se reproduisent.

    L'action, la mobilisation, la démocratie dans le mouvement ont payé, il va falloir maintenant suivre la mise en application de toutes ces décisions.

    Les cours reprennent samedi 14 dans une ambiance positive.


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  • La FERC-CGT a publié un communiqué de presse en soutien au mouvement de l'ESPE d'Aix Marseille.

    Télécharger le communiqué FERC CGT

    - Communiqué de presse CGT-FERC soutien à l'ESPE d'Aix Marseille

     

     


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  • Nous mettons en ligne le message reçu de nos collègues de l'ESPE d'Aix Marseille.

    Bonjour !
     Un petit mail pour vous donner des nouvelles de l’ESPE d’Aix-Marseille.
     Sitôt élu, notre directeur (ex dir IUFM ex adm provi ESPE) s’est envolé pour 10 jours de colloque dans un pays qui partage avec la France le triste privilège d’avoir un des systèmes éducatifs les plus inégalitaires (la Nouvelle-Zélande) et a chargé ses adjoints d’annoncer la casse du master pour le S2 :
      · Réduction des nombres de groupe sur chaque site
      · Passage de chaque UE de 60h à 48h + 12h de travail personnel
     · Découpage des 48h en 16h CM et 32 h TD

    Ce qui revient à passer de 60 h de TD à 32h pour les chaque groupe d’étudiants.
     Suite à cela les étudiants se mobilisent ; cela a commencé vendredi par le blocage du site de La Canebière ; aujourd’hui le blocage a continué et il s’étend aux autres sites : cet AM on a envahi le conseil de direction puis on est allé au Rectorat où une délégation a été reçue.
      Demain on continue le blocage et on reçoit le directeur de l’ESPE à 16h à Marseille.
      On refuse cette régression en contradiction avec toutes les annonces sur la refondation de l’école.
      Ce midi VP (non pas vidéo-projecteur, VP comme Ministre de l’EN) est intervenu sur Inter pour dire qu’il n’y avait pas de problème à l’ESPE d’Aix-Marseille et pas de problèmes dans les ESPE ; on entend bien lui montrer le contraire.
      Merci de transmettre les infos à vos étudiants !
    Toute manifestation de soutien aux étudiants en lutte de l’ESPE d’Aix-Marseille sera la bienvenue et leur sera retransmise.


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  • Suite à une réponse jugée insuffisamment précise du président de l'UCP (dépêche AEF), les enseignants du département de lettres de l'ESPE de l'académie de Versailles réagissent.

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  • A l'initiative de notre collègue Denis Morin, Jean Jacques Urvoas, député du Finistère a posé une question au ministre de l'éducation .

     

     


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  • Lettre ouverte du département de Lettres de l’IUFM de l’académie de Versailles
    issue de l’assemblée générale du samedi 16 novembre 2013


    Depuis plus d'un an, le ministère de l'éducation et le ministère de l'enseignement supérieur, conscients des enjeux considérables de la formation des enseignants dans le cadre d'une politique résolument tournée vers la jeunesse, impulsent la mise en place des ÉSPÉ qui devraient rendre effective une formation solide et cohérente.
    Le projet de l'ÉSPÉ dans l'académie de Versailles détermine donc directement l'avenir professionnel de milliers de futurs enseignants, depuis la maternelle jusqu'au lycée, mais aussi celui de milliers d'élèves, bénéficiaires au premier chef de la qualité de la formation de leurs enseignants. La question est donc cruciale et son impact social essentiel alors que beaucoup d'indicateurs peuvent inquiéter quant à la réussite scolaire des élèves français.
    Qu'en est-il de la mise en œuvre effective de l'ÉSPÉ de l'académie de Versailles, à l'heure où nous décidons de faire publiquement état de la situation, inquiets du flou du projet, de l'opacité dans laquelle il s'élabore et des dysfonctionnements qui se multiplient à cette occasion ?

    1. Alors que l'ampleur des enjeux appellerait une construction cohérente, associant dans la clarté les différents acteurs et au premier rang ceux dont l'expérience dans la formation est avérée puisque ce sont encore eux - formateurs de l'ex-IUFM - qui, de fait, la font vivre dans cette période de transition, le projet de l'ÉSPÉ de Versailles s'élabore depuis l'origine sans tenir compte de ces expertises.
    Nous constatons par ailleurs que la composition des groupes de travail repose toujours sur une représentation artificiellement égalitaire entre les 5 universités (auxquelles s'ajoute un institut), indépendamment du nombre d'étudiants formés et du nombre de titulaires impliqués dans tous les aspects de la formation, académique, didactique et professionnelle.
    Faut-il dès lors s'étonner que les différentes mentions de master n'aient été habilitées que pour un an ?
    2. La création d'une UFR d'éducation au sein de l'université de Cergy-Pontoise, présentée initialement comme une mesure protectrice dans une situation de concurrence interuniversitaire que nous n'avons ni souhaitée, ni entretenue, se révèle maintenant préjudiciable au potentiel didactique, à la formation des enseignants, et ce même sous une forme de composante dérogatoire, puisque seul 80% du potentiel contribuerait au budget de projet de l'ÉSPÉ : nous n'avons pas de garantie formelle sur la republication de postes d'enseignants-chercheurs libérés par des départs. Alors qu'il faudrait anticiper d'importants renouvellements générationnels, les recrutements de formateurs à temps plein se font de plus en plus rares et le projet existe de remplacer les enseignants à temps partagés (postes sur support universitaire) par des professeurs associés à la décharge variable d'une année sur l'autre (postes sur support rectoral). Les conséquences d'un tel choix seraient claires : du côté de la formation des enseignants, une instabilité qui fragiliserait toute construction de partenariats ou de réseaux de formateurs s'inscrivant dans la durée ; du côté de l'université intégrant l'ÉSPÉ, un potentiel de postes ainsi récupérables pour une politique propre à l'université elle-même, indépendamment de l'ÉSPÉ. Ce projet d'ÉSPÉ acterait ainsi l'éclatement des équipes, la perte de professionnalité et un morcellement renforcé des interventions dont les futurs enseignants ne pourraient que pâtir.
    3. Par ailleurs le projet de formation des enseignants dans une académie ne peut s'envisager indépendamment d'une politique des territoires, la formation devant s'efforcer d'être répartie sur l'ensemble de l'académie. Or alors que le nombre de postes au concours est en augmentation importante (environ 600 professeurs d'école par département), nous n'avons aucune assurance sur le maintien de la formation dans les locaux actuels, notamment à Saint-Germain et à Antony.
    Enfin, alors que dans le cadre d'une formation polyvalente pour les enseignants du premier degré, monovalente ou bivalente pour les professeurs de lycée général ou professionnel et de collège, les départements disciplinaires constituent des lieux de réflexion collective, de régulation des besoins et d'anticipation, leur existence n'est pas garantie dans les statuts en cours d'élaboration. En réduisant les équipes aux enseignants-chercheurs et aux « professionnels ». Le projet de l'ESPE semble ignorer le métier des professeurs de statut 1er ou 2nd degré, recrutés à l'université à temps plein pour la formation des enseignants, alors que les professeurs à temps plein ont un travail différent de celui des formateurs de terrain et différent de celui des enseignants chercheurs. Il est urgent d'affirmer en quoi ce métier est indispensable dans la formation des enseignants. Il est anormal que ces collègues voient leur carrière ralentie en l'absence d'inspection et que les formateurs du premier degré n'aient toujours pas d'existence règlementaire à l'université.
     

    Il ne s'agit là que des aspects les plus flagrants d'un pilotage de projet dont les aspects conjoncturels, aléatoires, minent de fait la réussite. Il conviendrait d'y ajouter la dégradation considérable des conditions de travail liées à la mise en œuvre d'une maquette de formation dans un calendrier très contraint, la date des oraux du concours exceptionnel qui réduit l'année universitaire, l'éclatement des services entre différents lieux, le cumul difficile et peu accompagné des formations en présentiel et à distance, la faible reconnaissance au référentiel de l'université des coordinations nécessaires pour harmoniser des formations dans les différents départements de l'académie alors qu'il est nécessaire de construire des descriptifs communs et des évaluations concertées.
    Confrontés à cette situation, soucieux de la réussite du projet de formation des enseignants dans l'académie de Versailles, il nous semble de notre responsabilité de porter à la connaissance des responsables de sa mise en œuvre dans les différents ministères, les dysfonctionnements que nous constatons et éprouvons chaque jour professionnellement.

    Sans doute avons-nous quelque légitimité à le faire. Formateurs de français du premier et du second degré général et professionnel, à temps plein et à temps partagé, enseignants-chercheurs en littérature, sciences du langage et didactique, nous intervenons au sein d'équipes pluri-catégorielles pour former de futurs professeurs. Nous avons développé une culture de la formation professionnelle à travers des mutualisations de pratiques, des formations régulières, des journées d'études et colloques, des recherches collaboratives. Convaincus de la nécessité de faire évoluer la professionnalité enseignante, nous avons pris des responsabilités dans la conception et l'organisation des formations en acceptant des charges de direction, et en concevant de nouveaux diplômes pour mieux répondre aux exigences de la formation tout au long de la vie : licence pluridisciplinaire, formation de formateurs, métiers du livre jeunesse, français pour intégrer par la langue, recherche en éducation, didactique, technologie et formation.
    Aujourd'hui, notre inquiétude est grande de voir l'ÉSPE vidée de sa substance.
    Refusant d'accepter la destruction rapide d'un tel potentiel d'acteurs et d'expérience, récusant l'instrumentalisation du projet d'ÉSPÉ au profit de logiques locales et conjoncturelles alors que les enjeux sont d'une toute autre dimension, nous demandons que les ministres de l'éducation nationale et de la recherche pèsent pour que l'esprit du projet de l'ÉSPÉ soit respecté dans la plus grosse académie de France.


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  • Philippe Watrelot est président du CRAP, professeur agrégé de SES au Lycée JB Corot de Savigny sur Orge, il est aussi professeur en temps partagé à l'ESPE de Paris, il est également l'un des signataires du  texte du GRFDE.

    Il nous livre un bilan très argumenté de son expérience sur les premières semaines de l'existence de l'ESPE de Paris. Il nous a semblé utile de publier ici son témoignage.

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  • La FERC-CGT (enseignement et recherche) publie un communiqué pour dénoncer la façon anti-démocratique dont se préparent les prochaines élections dans les ESPE. 

     

    Élections dans les ESPE : un déni de démocratie ! communiqué FERC CGT mercredi 6 novembre 2013

    Élections dans les ESPE : un déni de démocratie !

    Dans les prochains jours, dans la plupart des nouvelles Écoles supérieures du professorat et de l’éducation (ESPE) vont se dérouler les élections pour désigner les représentantEs des usagers et des personnels.

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  • Dans son numéro 618 d’octobre 2013 le mensuel « le SNSUP » publie un dossier fourni sur les ESPE, l’article que nous reproduisons met en lumière les difficultés rencontrées dès la rentrée par les ESPE et fait des propositions.

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  • Vincent Troger, maître de conférences à l’ESPE de l’académie de Nantes et chercheur au CREN, est un observateur et un acteur  privilégié de la formation des enseignants, il a publié dans les Cahiers pédagogiques (n° 507) un article qui tire un premier bilan des ESPE.

    http://www.cahiers-pedagogiques.com/ESPE%E2%80%89-en-route%E2%80%89

    Vincent Troger est l'un des signataires de l'appel du GRFDE, il a publié  avec Pascal Guilbert  « Peut-on encore former des enseignants ? » Paris, A. Colin 2012.

    ESPÉ : UN TRÈS MAUVAIS DÉPART

    La réforme des ESPE souffre de deux fautes originelles majeures: elle ne s’est pas appuyée sur un bilan des IUFM, et elle a maintenu la place invalidante du concours qui clive la formation en deux phases radicalement discontinues, la formation véritablement professionnelle ne s’effectuant qu’en seconde année. Prendre le temps d’un bilan sérieux aurait permis d’identifier les deux acquis majeurs des IUFM, qui auraient dû constituer le cœur d’une réorganisation de la formation des enseignants : d’une part les diverses méthodes d’analyse de pratique qui permettent d’initier une démarche réflexive chez les enseignants débutants ; d’autre part la production d’un mémoire construit sur la relation recherche/pratique qui donne corps à cette démarche réflexive. Un bilan aurait aussi permis de mesurer à quel point la réduction de la phase de formation professionnelle à une seule année obligeait à faire subir aux professeurs stagiaires une succession assommante de cours et d’évaluations nécessairement mal coordonnés, mal associés à leur stage en établissements, et au finale contre-productive, puisqu’elle confortait nombre d’entre eux dans le préjugé que la seule vraie formation était celle du terrain.

    La mise en œuvre précipitée et non réfléchie de la réforme va aggraver ces défauts. Elle maintien la réduction de la véritable formation professionnelle à une seule année et elle suppose une collaboration accrue entre les ESPé, les universités et les rectorats, c’est-à-dire des institutions dont les cultures, les intérêts et les pratiques sont assez radicalement différents, et dont les relations, si elles ne sont pas clairement encadrées, deviennent facilement conflictuelles. Les querelles de territoires ont d’ailleurs d’ores et déjà oblitéré un peu partout la réflexion sur le fond. Les contenus de formations risquent donc d’être, encore plus qu’auparavant, surchargés, mal coordonnés et déconnectés des stages.

    Difficile de faire preuve d’optimisme dans un tel contexte. Je ne vois que deux signes très lointains d’espoir : le pragmatisme des nouvelles générations de jeunes enseignants, qui les conduira peut-être à exprimer une demande de plus grande cohérence de leur formation, et le fait qu’en raison de la mastérisation, de nombreux formateurs se sont investis plus activement qu’auparavant dans la recherche en éducation, ce qui peut améliorer la relation pratique/recherche, qui demeure une garantie majeure de la qualité de la formation.

    Vincent Troger, maître de conférences à l’ESPE de l’académie de Nantes

    Avec l'aimable autorisation des Cahiers pédagogiques 

     


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  • 15 octobre : L'intersyndicale et le collectif de personnels et d'usagers de l'ESPE pousuit sa mobilisation et appelle à une nouvelle assemblée générale le 23 octobre.

    collectifespetlse@gmail.com https://twitter.com/espere_toujours / https://www.facebook.com/collectif.espe

    SITUATION DU MOUVEMENT -AG DU 15 OCTOBRE 2013 : REVENDICATIONS :

    ▪ versement à l’ESPE de l’intégralité des financements qui sont remis aux universités destinés à la formation des futurs professeurs, et leur sanctuarisation pour les années prochaines.
    ▪ maintien à l’ESPE, des supports des postes des personnels (Biatss et Enseignants) ayant demandé à ne pas être intégrés à l'ESPE.
    ▪ révision de la décision de redéploiements des postes ESPE du second degré, votés par le CA d’UT2, qui ampute les moyens humains de l’ESPE et n’est pas compatible avec la réalisation des missions de l’ESPE
    ▪ aménagement concerté des emplois du temps des Emplois Avenir Professeur avec les services du rectorat.
    ▪ intégration officielle du continuum licence – master dans le périmètre des formations de l’ESPE
    ▪ demande de 6 élus étudiants au Conseil de l’ESPE afin d’avoir plus d’élus que de nommés et d’augmenter la part des acteurs de l’ESPE
    ▪ information/consultation sur les rencontres avec les IG sur le budget ESPE
    ▪ demande de respect des 128 H des temps partagés (au lieu des 216H envisagées)

    PARCE QUE C’EST MAINTENANT OU JAMAIS POUR QUE l’ESPE SOIT UNE VERITABLE ECOLE ET PAS REDUITE A UN SIMPLE PROJET, VARIABLE D’AJUSTEMENT

    ACTIONS ENVISAGEES :
    ► APPEL A UNE PROCHAINE JOURNEE DE GREVE
    ► SUSPENSION DE RESPONSABILITE PEDAGOGIQUES
    ► VISIBILITE DU MOUVEMENT
    ► INVITATION DE PERSONNALITES POLITIQUES

    APPEL A UNE PROCHAINE ASSEMBLEE GENERALE Mercredi 23 octobre –site St AGNE en visioconférence 11H00-13H00

    CETTE AG SERA DECISIVE CONCERNANT LA POURSUITE DU MOUVEMENT = AVEC DES ACTIONS MARQUANTES :

    !!! VENONS NOMBREUX !!!

     


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  • Quelques nouvelles de la rentrée à l’ESPE de Créteil, vu des sites et des personnels de l’ancien IUFM

    -       L’administratrice provisoire, Brigitte Marin, PU lettres (de l’IUFM), a été nommée le 6 septembre.

    -        5 personnes de l’IUFM n’ont pas souhaité intégrer l’ESPE et ont sollicité des rattachements à d’autres composantes (UFR de l’UPEC ou de l’UPEMLV). Dans un cas, la composante sollicitée a refusé, pour les autres les négociations sont en cours.

    La position de l’administratrice est de ne pas aller contre la volonté du personnel en question bien entendu (malgré les formulations inexactes d’une lettre de la DRH de l’UPEC). Les personnels de l’IUFM ayant vocation à intégrer l’ESPE, sous réserve de leur accord, l’enjeu est que le potentiel de formation de l’ESPE ne soit pas amputé au final, bref, que les composantes accueillant un personnel de l’ancien IUFM transfèrent un support de poste équivalent à l’ESPE (l’IUFM ayant perdu 130 postes en 5 ans, il est à l’os… d’autant que les effectifs remontent)

    - Dans le premier degré, les effectifs ont déjà fortement augmenté par rapport à l’année dernière, ce qui était attendu. Au 11 septembre (cela peut croître encore) :

    -          en M1 (ou AEU 1) 631 présents sur les 4 sites (450 l’année dernière à la même date)

    -          en M2 : 568

    Total, presque 1200.

    (pas de chiffres pour le second degré, mais les effectifs augmentent aussi – facile vu l’étiage atteint l’année dernière…)

    - La rentrée est cependant très difficile.

    Notamment en raison de la multiplication des cas de figure à prévoir,  autant de calendriers en fonction des différents types de stage . En M2, il y a les cas des admissibles

    -          en stage massé, deux calendriers sont prévus (les uns d’octobre à novembre), les autres à partir de février. Pour ceux partant en stage massé début octobre, il a fallu placer toute une série d’enseignements au préalable, dont les heures d’initiation à la recherche.  Les étudiants en stage massé viennent surtout des autres académies.

    -           En stage filé (plutôt des étudiants de l’académie).

    -          Refusant le stage à tiers-temps

    Il y a aussi la formation à distance, la VAP…

    Les emplois du temps sont un casse tête

    La rentrée est vécue diversement selon les centres. Pour beaucoup, sensation de  fatigue déjà,  beaucoup de formations à mettre en place. Frustration et désarroi en raison du faible nombre d’heures de formation dans des disciplines optionnelles au concours. Sur le site de Melun, impression de retour à une situation déjà connue avec la formation en alternance, liens avec le rectorat. En fonction des effectifs définitifs d’étudiants, il faudra peut-être recruter des chargés de cours (des postes ont été supprimés l’année dernière). A Livry, des inquiétudes, sur le statut des personnels, les conséquences de l’intégration à l’ESPE, un possible déménagement du site. Les formations du site du second degré ont, elles, déjà déménagé sur le site du premier degré de Bonneuil (tensions sur la gestion des salles), la direction est en cours de déménagement, des incertitudes sur la répartition des responsabilités à l’avenir pour le second degré. Inquiétude des PRAG/PRCE (« autres enseignants ») d’être proportionnellement très mal représentés dans le futur conseil d’ESPE.

    -                     Un point d’interrogation  d’intérêt national sans doute: la situation des lauréats des concours déjà titulaires d’un M2. Le ministère semble avoir dit qu’ils devraient s’insérer dans l’ESPE, pour 20 à 30 ECTS correspondant au stage et au mémoire de recherche, ce qui correspond bien à la spécificité de la formation à l’enseignement.

    Mais dans quel cadre délivrer ces 20 à 30 ECTS puisqu’ils ont déjà un master ? Sous quel régime d’inscription ?

    -          Cas de la Validation des Acquis Professionnels : mise en place avec le service FC de l’UPEC, sur un cycle d’un peu plus d’un an (de la Toussaint à la fin de l’année suivante), formation pendant les congés scolaires. 4 groupes en 2012-2013. La validation des acquis est collective. Certains enseignants, en fonction de leur profil, sont dispensés de certaines UE, de la première année notamment. Les enseignants formateurs et les certifiés ASH ont davantage de dispenses.

    Accord « oral » de la direction de l’IUFM avec le rectorat pour intégrer cette FC au DIF, mais où sont passés les crédits du DIF ? Rectorat ne finance pas cette VAP (environ 600 euros par personne).

    -          D’une façon générale, rectrice assez offensive à l’égard de l’ESPE, remarques sur la gestion des finances à l’UPEC (qui pourtant n’est pas en déficit), le supposé surencadrement à l’IUFM (prb de méthode de calcul l’année dernière qui nous a valu encore quelques suppressions de postes), sur les déménagements à effectuer en s’appuyant sur le schéma directeur immobilier de l’UPEC diffusé l’année passée, etc.

    Nous mettons en place des réunions syndicales ouvertes à tous de présentation du « maquis institutionnel » universitaire et de ce que nous savons pour lors des ESPE, ce qui laisse beaucoup de questions ouvertes.

    Première réunion le 23 septembre à Livry.

     

     


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  • Quelques chiffres sur les volumes de formation post-licence pour devenir professeur des écoles et pris en charge par l’IUFM de l’Académie de Créteil et ensuite par l’ESPE de l’Académie de Créteil.

     

    Avant 2010

    Master réforme Darcos 

    Master réforme Peillon

    Diplôme pour pouvoir être titularisé professeur des écoles

    Licence ou équivalent.

    Master ou équivalent.

    Master ou équivalent.

    Structure de la formation

    Une année dite de PE1 pour préparer le concours de recrutement de professeur des écoles, pouvant être faite dans un IUFM ou non (voire en « autodidacte »).

    Une année dite de PE2, la personne est fonctionnaire stagiaire. Sur l’année elle passe environ deux tiers de son temps en formation à l’IUFM et un tiers correspondant à un stage en totale responsabilité dans trois classes différentes au cours de l’année et elle est amenée à enseigner dans les trois cycles de l’école primaire. L’évaluation porte essentiellement sur les compétences professionnelles convoquées pendant les périodes de stage.

    Une année de master 1, permettant aussi de préparer les épreuves d’admissibilité du concours de recrutement des professeurs des écoles.

    Une année de master 2, permettant aussi de finir de préparer les épreuves d’admissibilité du concours (qui se déroulent fin septembre) et de préparer les épreuves d’admission du concours. Cette année comporte deux stages de 2 semaines chacun en totale responsabilité dans deux classes (l’une dans une école  maternelle, l’autre en élémentaire). L’étudiant  se doit de satisfaire aux évaluations du master 2, dont la production d’un mémoire de master.

    Puis une année de « Professeur des Ecoles Stagiaire » avec un très, très léger complément de formation, puisque le PES est à temps plein dans une classe et toujours la même classe pendant toute l’année. Le PES doit valider son année de stage devant les élèves au vu des ses compétences professionnelles

    Une année de master 1 permettant aussi de préparer le concours de recrutement de professeur des écoles, mais une personne détentrice d’un master peut le préparer par d’autres moyens.

    Une année de master 2 pendant laquelle l’étudiant est aussi fonctionnaire stagiaire et occupe un demi-poste de professeur des écoles, il est toujours dans la même classe, avec peut-être (le dispositif se mettra en place à la rentrée 2014) la possibilité de quelques jours de stage dans d’autres classes d’autres niveaux de l’école primaire. L’étudiant fonctionnaire-stagiaire aura à satisfaire aux évaluations du master 2 (dont la production d’un mémoire de master) et à valider son année de stage devant les élèves au vu des ses compétences professionnelles.

    Total du temps de formation pris en charge par l’IUFM puis par l’ESPE

    PE1 + PE2 :

    entre 896 et 960 heures

    (470 à 558 en M1) + (449 à 571)

    soit un total entre 919 et 1114 heures ; à cela il faut ajouter quelques heures de formation l’année de PES dont certaines sont prises en charge par l’IUFM. 

    499 en M1 + 270  en M2

    soit un total de 769 heures *

     

     

    Heures spécifiquement étiquetées pour la préparation au concours et à l’enseignement en technologie, physique, biologie, géologie

    En PE1 : 90 heures si option sciences et technologie aux épreuves du concours et 42 heures si option histoire-géo et instruction civique

    En PE2 : 40 heures

    Total : entre 82 et 130 heures

      

                                     83 heures

    30 heures

    ou

    48 heures  si option sciences et technologie aux épreuves du concours

     

    Heures spécifiquement étiquetées pour la préparation au concours et à l’enseignement en histoire-géographie et instruction civique

    En PE1 : 76 heures si option histoire-géo et instruction civique au concours et 16 heures si option sciences et technologie

    En PE2 : 30 heures

    Total entre 46 et 106 heures

     

                                      68 heures

    30 heures

    ou

    48 heures  si option histoire-géographie et instruction civique aux épreuves du concours

     

    Total heures spécifiquement étiquetées pour préparation au concours et à l’enseignement en sciences, technologie, histoire-géographie et instruction civique

     

    En PE1 entre 106 et 118 heures

     

    PE1 + PE2 : entre 176 et 188 heures

     

    151 heures

     

    Entre 60 et 78 heures

     *Des formateurs avaient proposé une maquette alternative à 600 heures en M1 (volume que l’ESPE de l’Académie de Créteil a accordé à certains masters préparant aux concours et aux métiers de l’enseignement en collège ou en lycée). Cette maquette alternative aurait permis de préserver un volume de formation significativement plus important dans plusieurs des disciplines enseignées à l’école.


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  • La question qui suit fait écho à celle posée par le sénateur (J.P. Michel), contrairement à cette dernière la demande du député à reçu une réponse qu'on pourra lire à la suite du texte de la question.

    Question publiée au JO le : 16/10/2012 page : 5667 , Réponse publiée au JO le : 19/02/2013 page : 1934

    M. Jean-Jacques Urvoas attire l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale sur l'une des conséquences dommageables de la fermeture de nombreux instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM). Il arrive que ces établissements soient d'anciennes écoles normales d'institutrices et d'instituteurs fondées au XIXe siècle. Ils abritent un mobilier pédagogique ainsi que des fonds d'archives (livres, revues, travaux d'élèves, films, photographies) accumulés pendant des décennies, qui constituent un authentique patrimoine de grande valeur, témoin de l'histoire des sciences de l'éducation de notre pays. Le démantèlement de ces instituts pose dès lors le problème de la sauvegarde, de la conservation et de la valorisation de ce patrimoine. En l'occurrence, il semble qu'en certaines occasions, des ouvrages anciens aient été pilonnés, du mobilier dispersé ou détruit. Il l'interroge donc sur la possible mise en place d'une politique conservatoire concertée afin de préserver et de promouvoir ces fonds anciens qui représentent une source d'information inestimable pour les étudiants en formation et les chercheurs en épistémologie des sciences de l'éducation.

    Réponse : Lors de la création des instituts de formation des maîtres (IUFM) dans le cadre de la loi d'orientation sur l'éducation du 10 juillet 1989, la question du devenir du patrimoine des anciennes écoles normales d'instituteurs et d'institutrices a fait l'objet d'une préoccupation légitime au niveau national, portée notamment par l'institut national de recherche pédagogique (INRP) et le service d'histoire de l'éducation (SHE). Dès 1988, une enquête était lancée auprès des directeurs d'écoles normales pour identifier et repérer les fonds antérieurs à 1945 (archives, collections de bibliothèques, mobilier et matériel pédagogique divers) et plusieurs inventaires détaillés des fonds ont été réalisés dans les années 90 au niveau des académies, sous la coordination du SHE, donnant lieu à de nombreux travaux de recherches sur les sciences de l'éducation et l'histoire de l'enseignement en France (publications, journées d'étude, etc.) et à des opérations de valorisation (expositions, visites). Des traitements divers ont été réservés à ce patrimoine à l'occasion de la disparition des écoles normales et de l'affectation de leurs biens aux IUFM : versements (totaux ou partiels) aux archives départementales ; versement à des musées d'histoire de l'éducation (musées départementaux ou musée national de Rouen) ; intégration de tout ou partie des fonds aux IUFM nouvellement créées, selon un procès-verbal contradictoire établi entre le département et l'Etat précisant la nature et l'état des biens transférés (article L722-5 du code de l'éducation). Les fonds patrimoniaux pris en charge par les IUFM ont bénéficié de la professionnalisation croissante de leurs structures documentaires au cours des années 90 (création de services communs de documentation (SCD), affectation de personnel de bibliothèque qualifié, signalement et indexation dans des outils informatisés). Les collections des bibliothèques héritées des anciennes écoles normales ont fait l'objet d'une gestion spécifique : évaluation, tri, dé-doublonnage, mise en oeuvre d'une politique de conservation raisonnée en adéquation avec les nouvelles missions des instituts, et articulée avec la mission nationale de conservation exhaustive assurée par la bibliothèque nationale de France (BNF) pour les publications françaises (dépôt légal) et celle de CADIST[1] en sciences de l'éducation assurée par la bibliothèque de l'INRP depuis 1991. Le rattachement des IUFM aux universités à partir de 2007, dans le cadre de l'application de la loi d'orientation et de programme du 23 avril 2005 pour « l'avenir de l'école » a eu pour conséquence l'intégration du patrimoine documentaire des IUFM aux SCD des universités. Ce processus a permis de consolider la prise en charge et la visibilité de ces collections (traitement physique des ouvrages dans des conditions plus adaptées et avec un personnel en nombre ; signalement systématique et intégration au catalogue collectif national du système universitaire de documentation - SUDOC-, etc.) et de les sécuriser sur le plan institutionnel, dans le contexte de la réforme dite de la « masterisation » et du questionnement sur l'avenir des IUFM. L'évolution du dispositif de formation des enseignants et la création annoncée des écoles supérieures du professorat et de l'éducation ne sont donc pas de nature à remettre aujourd'hui en péril ce patrimoine. [1] Les CADIST (centres d'acquisition et de diffusion de l'information scientifique et technique) constituent un réseau national de grandes bibliothèques spécialisées, chargées d'assurer la couverture documentaire la plus exhaustive possible d'un domaine au service de la recherche. 


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    - ESPE de Paris : lettre de l'intersyndicale au Recteur 3-10-2013

     

    L’Intersyndicale des représentants des personnels BIATS et enseignants de l’ÉSPÉ de Paris

    À Monsieur le Recteur de l’Académie de Paris,

    Copie à Madame le Vice-Chancelier
    Monsieur le Directeur de l'Académie
    Madame la Secrétaire générale pour l’enseignement scolaire Monsieur l’Adjoint à la Secrétaire générale pour l’enseignement supérieur
    Monsieur le Président de l'Université Paris-Descartes, chargé du projet ÉSPÉ
    Monsieur le Président de l’Université Paris-Sorbonne Monsieur l'Administrateur provisoire de l’ÉSPÉ de Paris

    Monsieur le Recteur,

    L’Intersyndicale des représentants des personnels BIATS et enseignants de l’ÉSPÉ de Paris suit avec attention et appréhension l’évolution de la mise en place des Écoles Supérieures du Professorat et de l'Éducation. Si nous nous sommes réjouis du fait que la formation aux métiers de l’enseignement et de l'éducation puisse retrouver une place au sein des autres formations professionnelles - des interrogations demeurent cependant sur le statut qui y est fait à la recherche -, nous découvrons avec de nombreuses inquiétudes les modalités de fonctionnement de l’ÉSPÉ prévues dans les textes, telles qu'elles figurent notamment dans le projet de statuts de son Conseil d'École (CE). 

    Le décret handicape encore le fonctionnement du CE en donnant la gouvernance aux personnalités extérieures et nommées. Les membres élus ne suffiront pas à rendre compte pleinement de la réalité du fonctionnement concret de l’ÉSPÉ et à peser sur les décisions qui engagent les activités de ses personnels dans un Conseil pourtant censé exister aussi à ces fins.

    L'organisation du corps électoral comme celle de la représentativité qui y sont prévues nous soucient, comme nous avons déjà eu l'occasion de le dire.

    La réduction à deux du nombre des représentants BIATS au CE leur fait jouer un rôle de figurants plutôt que d'acteurs. Or les personnels administratifs et de service s’acquittent de tâches indispensables à la réalisation des missions de formation : inscriptions, accueil, mises en stages des étudiants, organisation de la vie de l'établissement au quotidien, dans la multiplicité de ses dimensions - toutes missions dont nous tenons à vous rappeler qu'elles sont assurées à ce jour dans le contexte d'un manque criant de personnels.

    Tous les personnels ont fait la preuve de leur attachement au service public, ils souhaitent continuer à assurer leur travail: une représentativité réelle leur est due, elle devrait leur être assurée par le législateur.

    Dans la situation qui nous est faite, sans atteindre au décret (art D 721-8), nous demandons que soit inscrit dans les textes un système de suppléance au CE de l'ÉSPÉ de l'Académie de Paris pour les sièges prévus pour les élus des personnels BIATS et enseignants - comme il existe dans d’autres instances.

    Nous comptons sur vous, Monsieur le Recteur, pour prendre en juste compte cette demande, et vous assurons de notre considération.

    L’Intersyndicale des représentants des personnels BIATS et enseignants de l’ÉSPÉ de Paris 


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  • Le 26 septembre l'ESPE de TOULOUSE était en grève, l'ors de l'AG qui s'est tenue un appel a été lancé pour continuer la l'action.

    Voici le communiqé de presse voté par l'assemblée générale.

    Jeudi 26 septembre 2013, Communiqué de presse

    APPEL A LA MOBILISATION DE L’ENSEMBLE DES PERSONNELS ET DES USAGERS DE
    L’ESPE DE L’ACADEMIE DE TOULOUSE

    Suite à l’appel de l’intersyndicale étendue en AG, ce jour, en collectif de personnels et d’usagers de l’ESPE de l’Académie de Toulouse (FSU, SGEN et UNSA) une première journée de grève s’est déroulée ce jeudi 26 septembre 2013.

    120 personnels et étudiants étaient présents à l’AG qui s’est déroulée sur le site de Saint-Agne de l’ex-IUFM. Les personnels des centres départementaux en Midi-Pyrénées ont pu y participer par Visio conférence.

    De nombreux étudiants présents ont exprimé des inquiétudes légitimes au regard de leurs conditions d’études et de professionnalisation. Les personnels de l’ex-IUFM y ont également renouvelé leurs craintes au regard de leur devenir toujours pas clarifié au-delà des discours.

    Les motifs à l’origine du mouvement sont à replacer dans un contexte général d’austérité dans les universités et de dégradation de la formation des enseignants initiée par le précédent gouvernement.

    Sur le plan local, la construction à marche forcée de l’ESPE « Toulouse –Midi-Pyrénées » conduit à de nombreux dysfonctionnements. Certains, largement prévisibles, ont été annoncés et dénoncés durant toute l’année précédente par l’intersyndicale. Elles n’ont trouvé aucun écho auprès des autorités nationales ou locales. Il en ressort que les moyens financiers et humains actuellement alloués à l’ESPE de l’Académie de Toulouse ne sont manifestement pas à la hauteur des missions et des ambitions déclarées. En l’état actuel, force est de constater qu’il est à ce jour matériellement impossible de répondre à la demande et aux besoins grandissant de formation initiale et continue dans les domaines de l’enseignement, de l’éducation et de formation.

    Sur la question des emplois, le redéploiement de postes de l’ex-IUFM dans d’autres composantes de l’Université de rattachement aggrave une situation déjà critique.

    Les décisions suivantes ont été votées à l’unanimité des présents :

    ·                    Informer les étudiants sur l’origine réelle des dysfonctionnements qu’ils subissent et les accompagner dans leurs démarches auprès du rectorat en particulier pour le règlement du problème particulier des  emplois avenir professeur ;

    ·                    Exiger au plus vite et des évolutions significatives sur les moyens et la campagne de postes 2014 de l’ESPE ainsi que sur les conditions d’un véritable statut d’Ecole pour l’ESPE, et ce, en intervenant auprès de différents niveaux :

    -          Au ministre Vincent Peillon en visite demain à Toulouse

    -          A la Rectrice de l’Académie de Toulouse

    -          A la présidence de l’Université de Toulouse 2-Le Mirail à laquelle l’ESPE est actuellement rattachée.

    -          Au comité stratégique de pilotage et de moyens de l’ESPE

    -          Aux universités partenaires du projet

    ·                    Poursuivre le mouvement.  Le collectif constitué aujourd’hui appelle à une AG des personnels et des usagers mardi 1er octobre pour décider des modalités d’actions à venir.

    La détermination des personnels est entière. Ils rappellent la nécessité d’apporter des changements significatifs à la situation actuelle. Le mouvement initié ce jour se structure et a vocation à s’amplifier.

    L’INTERSYNDICALE DES PERSONNELS EX-IUFM de l’ESPE ETENDUE EN COLLECTIF DE PERSONNELS ET D’USAGERS DE l’ESPE

     


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