• Motion du département d'études germaniques de l'université Sorbonne Nouvelle-Paris 3

     Depuis janvier 2010, trois réformes du CAPES se sont succédé dans l'urgence : à l'intégration du concours dans un parcours de Master, programmant d'abord les épreuves en M2, s'est ajoutée une session exceptionnelle en juin 2013 visant à ramener l'ensemble du concours en M1 dès l'année universitaire 2013-2014.

     Trois réformes en trois ans ont épuisé les bonnes volontés enseignantes, désorienté les étudiants et accablé un personnel administratif constamment sollicité par les questionnements et récriminations de candidats d'autant plus inquiets que le socle de leur formation est mouvant. En particulier, la constante restructuration et réduction des socles disciplinaires entre épreuves écrites et orales met à mal la progression naturelle entre la formation disciplinaire de Licence et son enrichissement attendu en Master. La refonte perpétuelle des enseignements, qui superpose aujourd'hui, pour une même promotion d'étudiants, jusqu?à trois sessions simultanées, relève non seulement de la gageure organisationnelle, mais de l'irrespect des méthodes et compétences disciplinaires et, au final, des candidats eux-mêmes, et du public devant lequel ils aspirent (encore) à enseigner.

    En conséquence, le conseil du département d'Etudes germaniques de l'Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3, réuni le 28 février 2013, demande à l'unanimité :

     - l'instauration d'un moratoire concernant la réforme en cours du CAPES d'allemand, le maintien des savoirs disciplinaires universitaires (littérature, civilisation, linguistique, traduction, langue orale, didactique) au coeur du processus de sélection, écrit et oral, des candidats ; et

     - une concertation équitable entre tous les acteurs concernés préalablement à la refonte des maquettes des prochains Masters Métiers de l'Enseignement, de l'Éducation et de la Formation (MEEF).

     Voté à l'unanimité le 28 février 2013 


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     Motion sur la réforme de la formation des enseignants du Conseil de l'IUFM de l'académie de Créteil

     

    Éprouvés par quatre années de mise en oeuvre d’une « masterisation » mal conçue, mal engagée dont les effets sur l’attractivité des métiers de l’enseignement et les conditions d’entrée dans le métier ont été notoirement négatifs, les personnels de l’UPEC – IUFM de l’académie de Créteil ont placé leurs espoirs dans une nouvelle réforme de la formation des enseignants et sont désireux de s’investir dans la reconstruction de celle-ci. Les membres du conseil de l’IUFM saluent les efforts des membres de l’IUFM, en concertation avec leurs partenaires des autres composantes de l’UPEC, du rectorat de Créteil et des autres universités de l’académie, pour élaborer un projet d’Ecole supérieure du professorat et de l’éducation. Ils sont cependant inquiets des conséquences à court, moyen et long terme d’une réforme mise en place de manière précipitée et sans concertation suffisante des différents acteurs impliqués. 

     

    Outre les interrogations liées au statut, au personnel et au fonctionnement des futures Ecoles supérieures du Professorat et de l’Éducation, les membres du conseil de l’IUFM constatent que le scenario envisagé au niveau du master – un master combiné avec la préparation des concours, en master 1, et avec l’année de fonctionnaire- stagiaire à mi-temps, en master 2 – tout en rétablissant une formation alternée pour les fonctionnaires-stagiaires conduit à une diminution globale du temps de formation des enseignants en master, qui aurait une incidence sur ses aspects tant disciplinaires que didactiques, pédagogiques et transversaux. Ils s’inquiètent d’une possible transformation du mémoire de recherche de Master 2 en quelque chose qui s’apparenterait peu ou prou à un rapport de stage. Plutôt qu’un mémoire de « mise en situation professionnelle » (document du comité de suivi de master du 14 février 2013), ils souhaiteraient que soit exigé de la part des étudiants un mémoire de recherche professionnalisante. Il ne serait pas acceptable que ce projet de réforme puisse déboucher sur une querelle de « partage de miettes », qui opposerait les différents aspects de la formation des enseignants. Ceux-ci sont tous aussi nécessaires et doivent être organiquement articulés les uns aux autres. 

     

    Dans le contexte d’une académie très déficitaire en enseignants, les étudiants de Master 2, fonctionnaires-stagiaires en responsabilité pour un mi-temps de service, ne doivent pas risquer d’être utilisés comme moyen d’enseignement. Une politique ambitieuse de formation continue doit pouvoir être intégrée au projet d’ESPE, en lien avec la formation initiale. Dans le second degré, il serait inquiétant qu’en raison de l’application stricte du « principe de continuité académique » de la formation de master, des centaines de néo-titulaires puissent être affectés à plein temps dans l’académie de Créteil, après leur master, sans avoir effectué de stage ni suivi de formation liés à ce contexte. 

     

    Dommageable enfin est la précipitation dans laquelle cette réforme est mise en place : les dossiers d’accréditation des ESPE doivent être remis alors même que le principe de l’accréditation emportant habilitation des diplômes n’a pas encore été adopté par le Parlement ni légalement inscrit dans la loi (pointé par le CNESER le 8 janvier 2013). De plus, les acteurs des ESPE sont enjoints de prendre des engagements sur les futurs masters métiers de l’enseignement et de la formation, préparant aux concours de l’enseignement, alors même que les maquettes des concours ne sont pas encore connues. Seule une « maquette générique » a été diffusée par le Comité de suivi de master, suscitant de nombreuses interrogations sur les épreuves de ces concours. Enfin, malgré les efforts des différentes instances et des élus, le processus de constitution d’une ESPE dans l’académie de Créteil s’effectue dans un calendrier si resserré qu’il met en péril la possibilité d’une concertation approfondie avec les différents partenaires de l’académie. 

     

    En conséquence, assurés que les formateurs de l’UPEC-IUFM de Créteil sont toujours désireux de s’investir dans une formation ambitieuse pour les enseignants de demain, les membres du Conseil de l’IUFM demandent des mesures d’urgence pour l’année dite transitoire 2013-2014 (conditions et moyens de formation pour les étudiants de master et pour la nouvelle promotion de fonctionnaires-stagiaires), de prendre le temps d’une concertation approfondie avec tous les acteurs impliqués. Ils demandent que toutes les garanties soient données pour que le travail de concertation autour de la future ESPE ne soit pas considéré en 2013-2014 comme définitif, et se poursuive pour la mise en place d’une réforme de la formation des enseignants qui puisse répondre aux enjeux de la refondation de l’École de la République. 

     

    Motion adoptée par le Conseil de l’IUFM de l’académie de Créteil, le 1er mars 2013 par 18 voix « pour », 3 « contre » et 4 « abstentions » 


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  • Motion du Conseil d'UFR Sciences et Techniques de l'Université de  
    Tours, le 21 février

    Le Conseil de l'UFR Sciences et Techniques de l'Université de Tours exprime sa profonde préoccupation et sa déception face au projet de réforme de la formation des enseignants du second degré (concours du
    CAPES), qui ne répond pas aux attentes et aux urgences de la situation actuelle. La précipitation et le manque de concertation avec lesquels ce projet a été élaboré conduisent à dégrader la formation des enseignants, au lieu de l'améliorer :

    ---les épreuves académiques du concours sont marginalisées, alors même que l'instauration annoncée de licences généralistes limitera en amont les apprentissages disciplinaires ;

    ---l'introduction d'épreuves professionnelles au concours réduit la professionnalisation à une théorie non ancrée dans la pratique et qui risque de n'être qu'un objet de bachotage ;

    ---l'articulation entre la formation (Master) et le recrutement (concours) contraint les contenus des enseignements, la part disciplinaire étant réduite d'une manière très alarmante ;

    ---l'initiation à la recherche est sacrifiée par un Master MEEF unique dans lequel les disciplines ne représentent plus que des parcours, dont les programmes sont intenables et qui est isolé du reste de la formation universitaire, empêchant ainsi l'éventuelle réorientation des étudiants (en particulier en cas d'échec au concours), et compromettant la continuation d'études jusqu'à l'agrégation externe.

    Le Conseil de l'UFR Sciences et Techniques du 21 février 2013 de l'Université de Tours demande la suspension de ce projet de réforme, pour que s'ouvrent de nouvelles négociations en vue d'une vraie réforme que les universitaires appellent de leurs voeux


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  • Les enseignants et enseignants-chercheurs du Département d'Etudes du Monde Anglophone de Lyon 2 expriment leur vive inquiétude quant à la maquette générique du CAPES proposée par le Ministère, qui acte la quasi-disparition de la partie disciplinaire de la formation des futurs enseignants. Même si nous n'ignorons pas l'importance de la didactique et du "savoir enseigner" dans cette formation, nous ne  
    pouvons accepter un concours qui ne prévoit qu'une épreuve sur quatre portant sur les compétences disciplinaires. Nous nous préoccupons de l'absence d'information quant à la mise en place des ESPE et exigeons que la formation disciplinaire et la délivrance du diplôme de master MEEF soient placées sous la responsabilité de notre département.

    Nous nous insurgeons, en outre, contre le calendrier insensé qui nous est imposé pour mener à bien cette réforme, car celui-ci nous oblige à commencer à travailler sur de nouvelles offres de formation sans même que les textes législatifs afférents aient été promulgués. Nous exigeons donc le report de cette réforme à septembre 2014, et demandons à la Présidence de Lyon 2 de soutenir cette demande.


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  • Dans le contexte actuel, marqué par la mise en place de réformes touchant à la fois à la formation des enseignants et aux conditions d’initiation à la recherche, les associations qui représentent la communauté des enseignants-chercheurs et enseignants impliqués dans la formation des futurs
    professeurs souhaitent faire part de leur inquiétude. Conscientes de l’importance de mener à bien la réforme de la formation et du recrutement des enseignants, en particulier dans un contexte de chute des effectifs par rapport au nombre de postes à pourvoir, elles ont examiné les projets en cours ainsi que les effectifs des étudiants en masters enseignement et des candidats aux concours. Nos associations regrettent la précipitation et la confusion dans laquelle la réflexion est menée, et l’effet démobilisateur
    ainsi produit sur les formateurs et sur les étudiants.

    Par conséquent, elles souhaitent attirer l’attention sur les points suivants :

    - La formation au métier d’enseignant exige aussi la présence d’un socle disciplinaire académique fort, qui permette aux enseignants de demain de maîtriser pleinement les connaissances nécessaires à l’exercice de leur métier. Cette formation disciplinaire ne doit pas occuper une part réduite, ni en amont, ni en aval : en amont, par l’introduction d’une licence trop généraliste ; en aval, par une redéfinition du master et du CAPES qui minore la spécialité disciplinaire. Les masters et les concours doivent donc faire
    une part importante aux savoirs disciplinaires fondamentaux de spécialité.

    - La maquette générique des épreuves écrites et orales du concours en M1 doit le garantir, et ne doit pas, comme le projet le laisse penser, donner une part disproportionnée aux compétences dites « professionnelles », qui sont pourtant, de manière contradictoire, bien indiquées comme étant « en
    cours d’acquisition ». Les « gestes professionnels » doivent faire l’objet d’un véritable stage, avec une pratique de classe encadrée, comme prévu en M2, après le concours, et être évalués à ce stade.

    - Le Master doit préserver un équilibre nécessaire à l'acquisition des connaissances et compétences. Le projet présente un déséquilibre évident entre un M1, qui serait considérablement alourdi par le système dit «intégré », où les candidats devraient préparer les modules du master, effectuer un stage et réussir le concours, et un M2 presque entièrement consacré à un stage, sans véritable adossement à la recherche fondamentale et avec une préparation disciplinaire académique insuffisante.

    - Les réformes en cours doivent préserver les liens entre Master MEEF et Master Recherche, tout divorce entre les deux ferait courir d’une part un risque d’appauvrissement disciplinaire académique, d’autre part un risque de tarissement du vivier de chercheurs, dont la France a particulièrement besoin. De plus, ce divorce entre les deux types de master serait de nature à limiter les possibilités d’évolution de carrière des enseignants.

    La mention « MEEF » des nouveaux masters doit conserver un ancrage disciplinaire académique porteur de contenu, afin de garder une lisibilité pour les étudiants.

    - L’accréditation des ESPE doit conserver un équilibre dans la répartition territoriale des formations, dont l'impact est clair sur le vivier des candidats, sur les formations initiales, et sur la pluridisciplinarité des
    sites, à la fois pour la formation et pour la recherche. Une  réflexion sur les ESPE doit être en outre engagée afin que les différentes composantes de l'université restent pleinement associées à la formation des enseignants par leur présence dans les jurys et par la détermination des modalités de contrôle des connaissances.

    Par conséquent, nous demandons  que nos associations soient pleinement, et sans attendre, associées à l’élaboration des contenus et à la pondération des blocs du cadre national du master.

    Les signataires :

    Association des Etudes grecques
    Association Française des Catalanistes
    Association Française d’Etudes Américaines
    Association Française de Mécanique
    Association Française des Russisants
    Association des Germanistes de l’Enseignement Supérieur
    Association des Historiens modernistes des Universités françaises (AHMUF)
    Association des Historiens contemporanéistes de l'Enseignement supérieur et de la Recherche
    Association des Médiévistes Anglicistes de l'Enseignement Supérieur
    Association des Professeurs d’Histoire et de Géographie
    Association des Professeurs de Langues Anciennes de l'Enseignement Supérieur
    Association des professeurs de musique et de musicologie de l'enseignement supérieur
    Société des Anglicistes de l'Enseignement Supérieur
    Coordination Nationale des Associations Régionales d'Enseignants de Langues Anciennes
    Société des Etudes latines  
    Société des Hispanistes français
    Société des Historiens Médiévistes de l'Enseignement Supérieur Public
    Société des Italianistes de l'Enseignement Supérieur
    Société des langues et littératures médiévales d'oc et d'oïl
    Société des Professeurs d’Histoire Ancienne de l’Université
    Societe Francaise d'Etude du 18e siecle
    Société Française des Etudes Japonaises
    Société Française d'Etude du Seizième Siècle
    Société Française de Littérature Générale et Comparée
    Société Française Shakespeare


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  • 40 Enseignants chercheurs analysent la réforme de la FDE et expriment leurs critiques.

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  • Le conseil d’administration de l’Université de Toulouse Le Mirail, en date du 19 février 2013 :

    Constate qu’il n’est pas en mesure de travailler correctement pour mettre en œuvre la réforme des ESPE et des nouvelles formations, ne disposant pour l’instant que d’une maquette générique trop vague ne tenant aucun compte de la spécificité des différentes disciplines.

    Déplore donc la méthode utilisée et le calendrier prévisionnel pour cette réforme. Mettre en œuvre « sans attendre la promulgation de la loi » est une manière de procéder irrespectueuse du travail des élus de la Nation. Cette procédure est irrespectueuse des collègues qui, dans les composantes, doivent réfléchir à la mise en place d’une offre de formation sur la base de documents de travail susceptibles d’évoluer à tout moment et sans aucune valeur juridique, suivant un calendrier accéléré intenable. Le conseil d’administration demande le report de la réforme à la rentrée 2014, une fois la loi votée, les décrets d’application publiés et les circulaires d’application transmises aux universités.

    Réaffirme l’importance de la part de l’enseignement disciplinaire et de la recherche dans la formation des futurs enseignants. Si la revalorisation de la didactique dans la formation des futurs enseignants est nécessaire, on ne saurait priver nos étudiants d’un savoir disciplinaire approfondi et problématisé par les apports de la recherche disciplinaire. Or le nouveau concours acte la quasi-disparition des disciplines de spécialité : une seule épreuve sur les quatre porte sur les savoirs disciplinaires et cette épreuve ne représente qu’1/6ème de la note d’admission. Par exemple, le nouveau cadre ne prévoit aucune évaluation suffisante au concours des compétences linguistiques écrites et orales des candidats dans les spécialités de langues.

    S’inquiète de l’articulation entre le master et le concours. Que se passera-t-il si l’étudiant admis au concours n’a pas un Master complet ? A l’inverse, que se passera-t-il si l’étudiant qui a réussi le Master n’est pas recruté par concours ?

    S’interroge sur la nouvelle nomenclature. La mention « MEEF » donnée au nouveau Master implique l’effacement de la spécialité disciplinaire des futurs enseignants. Les compétences disciplinaires des candidats seront sous-évaluées au bénéfice d’une connaissance générique du cadre d’exercice de l’enseignant. La part et la nature de la recherche (disciplinaire, didactique et ingénierie) au sein du MEEF demeure floue. Le conseil d’administration souligne les difficultés à concevoir des passerelles avec les masters R.

    De plus, le conseil d’administration regrette que les étudiants de M2 soient considérés comme des « contractuels » et deviennent des « moyens d’enseignement » pour six à neuf heures par semaine. Le conseil d’administration demande que l’aspect pédagogique prime et que les enseignements réalisés par les étudiants soient suivis par un conseil pédagogique et un formateur de l’ESPE.

    S’interroge aussi sur le rattachement de l’ESPE au sein de l’académie de Toulouse. L’ESPE sera-t-elle rattachée au PRES ou à UT2 ? De ce rattachement dépendra la mise en place concrète de la réforme. Le conseil d’administration considère qu’un rattachement à UT2, forte de son expérience en matière de formation des enseignants qu’elle a en particulier su mettre en valeur en intégrant l’IUFM, et vu les excellents résultats obtenus aux concours jusqu’ici, semble être la meilleure option pour se prémunir contre une marginalisation de la recherche et une édulcoration des savoirs disciplinaires. Le conseil d’administration sera vigilant sur la nature du rattachement car en l’état, les ESPE se présentent comme une aggravation de la LRU, plaçant ces véritables « grandes écoles » de la formation sous l’autorité directe du Rectorat, les universités n’en devenant que les prestataires, et sans promesses de moyens adéquats.

    Le conseil d’administration demande au gouvernement de respecter ses engagements relatifs à la concertation préalable et à l’association nécessaire de l’ensemble de la communauté universitaire aux réformes, afin d’éviter de retomber dans les erreurs des politiques précédentes.


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  • 24 janvier 2013

    Texte adopté par des représentants des masters enseignement en mathématiques des universités d’Aix-Marseille, Amiens, Angers, Avignon, Besançon, Brest, Bordeaux 1, Cergy Pontoise, Clermont-Ferrand, Corte, Evry, Limoges, Lorraine (sites de Nancy et Metz), Lille 1, Lyon 1, Montpellier 2, Nantes, Orléans, Paris 6, Paris 7, Paris 11, Poitiers, Reims, Rennes 1, Rouen, Strasbourg, Toulouse 3, Tours, Valenciennes, Versailles Saint-Quentin. !

    Les responsables de master enseignement en mathématiques se sont réunis le 23 janvier à l’invitation de la Société Mathématique de France. Conscients de l’importance de mener à bien la réforme de la formation des enseignants, en particulier dans un contexte de chute des effectifs par rapport au nombre de postes à pourvoir, ils ont partagé les informations qu’ils possèdent sur les projets en cours et les effectifs étudiants et de candidats aux concours. Ils regrettent la précipitation et l’opacité dans laquelle la réflexion est menée. Cette précipitation affole étudiants et enseignants, et a un effet démobilisateur sur des formateurs qui viennent de participer à des réformes en urgence pendant 5 ans.
    Ils constatent que cette précipitation a des effets néfastes, dus au manque de réflexion de fond et de concertation ; en particulier, une séparation entre bloc "disciplinaire" et blocs "didactique" ou "professionnel" serait contraire à tout le travail qui a été mené ces dernières années par les acteurs de ces formations pour unifier les points de vue et construire une formation cohérente et adaptée aux futurs professeurs.
    Ils regrettent que le projet aboutisse à un isolement de la formation des enseignants par rapport aux autres formations universitaires et une rupture pédagogique et institutionnelle par rapport à l’enseignement de licence. Ils soulignent le risque réel que cette nouvelle réforme ne rebute les étudiants et n’accentue la chute des effectifs des candidats aux concours en coupant le master MEF de la licence qui le précède et des autres débouchés. Des équipes pédagogiques expérimentées, formées de personnels d’origines multiples (UFR, IUFM, etc) ont ces dernières années conçu et pris en charge ces formations, en adéquation avec les réalités locales. Il serait souhaitable de leur faire confiance au lieu d’imposer encore une fois par le haut des réformes sur lesquelles elles n’ont pas été consultées. Les participants à cette réunion demandent donc un délai pour l’élaboration des nouveaux masters, en étroite collaboration avec les équipes pédagogiques actuelles.
    Ils demandent que la mise en place du dispositif soit repoussée à la rentrée 2014.


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  • Les enseignants d’histoire et de géographie de l’UFR SHS de l’UPEMLV réunis le 8 février 2013 pour examiner les textes de la nouvelle réforme de la formation des enseignants, ont fait le constat que cette réforme risquait d’accélérer la dégradation de la formation des enseignants engagée par la mastérisation.
    Le nouveau concours prévu dans ces textes ne laisse qu’une place très réduite aux savoirs des disciplines de spécialité : une seule épreuve sur quatre porte sur les savoirs disciplinaires en tant que tels et, en outre, le barème de notation conduit à les sous-évaluer nettement (1/6 de la note globale d’admission au CAPES). Les autres épreuves du concours se veulent à coloration « didactique », pédagogique » et sont destinées à évaluer des compétences dites « professionnelles ». Comme si des compétences professionnelles pouvaient s’évaluer sans élèves ! Cette option pseudo-professionnelle dominante du concours mènera donc au bachotage d’un répertoire de « procédés didactiques » sans rapport avec une pratique de classe et sans ancrage disciplinaire et donc à un affaissement du niveau scientifique des enseignants. Faut-il le rappeler : une formation professionnelle de qualité ne peut pas reposer sur une maîtrise des savoirs diminuée et la didactique, comme l’ont toujours défendu les spécialistes de cette discipline, n’a pas de sens sans ancrage disciplinaire. À valoriser le « professionnel d’abord » déconnecté des autres savoirs, on risque de priver les étudiants du socle de connaissances indispensable à toute réflexion critique sur les apprentissages de leurs élèves et sur leurs objectifs ; on les prive du bagage théorique et méthodologique indispensable pour tirer pleinement profit de la pratique de classe encadrée en M2 et pour s’approprier le métier d’enseignant de manière progressive, autonome et sûre.
    Le calendrier prévu entraîne non seulement la surcharge du M1 au nom d’une rhétorique vide de « l’intégration » du disciplinaire, du didactique, du pédagogique et du professionnel mais en M2 l’essentiel du temps sera inévitablement consacré au stage (un mi-temps d’un service normal) : à vouloir tout faire en même temps, on aura donc une préparation disciplinaire insuffisante, une formation professionnelle illusoire (car non-adossée à une pratique de terrain) et une initiation à la recherche inexistante.
    La mention « MEEF » des nouveaux masters élimine l’affichage disciplinaire porteur de contenus. Plus profondément, on assiste à une dénaturation des maquettes de master, réduisant de plus en plus la part des disciplines du S1 au S4 et rendant quasi impossible, voire inutile, un véritable travail de recherche disciplinaire. Quelle pourra être notre place dans ce dispositif ? Le rythme effréné qu’entend maintenir le ministère pour mettre sur pied sa réforme n’est en outre pas fait pour nous rassurer. Pourquoi ne pas prendre le temps d’une véritable concertation avec les vrais acteurs – ceux du terrain si cher pourtant aux initiateurs du projet !- de la formation ? Les enseignants d’histoire et de géographie de l’UFR SHS de l’UPEMLV, conscients de leur responsabilité dans la réussite de leurs étudiants et de la nécessité d’améliorer la formation des futurs enseignants, s’interrogent donc sur leur place dans ce dispositif qui leur semble à la fois inefficace et porteur d’une dégradation inacceptable de la qualité de la formation des enseignants. Il nous semble indispensable que de nouvelles dispositions permettent à la formation disciplinaire et à la formation à la recherche des futurs enseignants d’occuper dans les MEEF une place significative, établie en concertation avec tous les acteurs de ces masters.
    Après avoir été quasiment écartés de la concertation concernant les nouveaux textes, il nous semblerait normal que les enseignants-chercheurs soient enfin réellement associés, à tous les niveaux, à la réflexion sur l’organisation des ESPE et à la mise en place de la nouvelle formation des enseignants du secondaire. Nous demandons en outre que toutes les instances de l’université se saisissent de ces questions fondamentales pour l’avenir de notre système éducatif.


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  • 14 février 2013
    Le Département de Lettres Modernes de l’Université de Bourgogne, réuni le 14 février 2013, condamne le projet de loi de Refondation de l’École, mené sans réelle concertation avec les personnels formateurs concernés et selon un calendrier qui ne permet ni une réflexion véritable ni le bilan de ce qui a été fait précédemment, et notamment de la “mastérisation”.


    Le principe de cette loi est en effet que le maintien du doublon concours/master permettrait une sorte de division du travail entre le diplôme et le concours, le premier étant censé s’occuper de la formation et de l’évaluation disciplinaire, le second de l’évaluation des « compétences » pédagogiques. Or la destruction de l’ancrage disciplinaire de la formation s’amplifie de facto puisque la seule véritable sanction restera celle du concours : la licence sera donc le point d’aboutissement de la formation disciplinaire pour les futurs enseignants, alors même qu’une part importante de « pluridisciplinarité » y est introduite pour donner corps à la préconisation de continuité avec l’enseignement secondaire qu’introduit par ailleurs le projet de loi.
    Le nouveau concours prévu dans ces textes laisse une place réduite aux savoirs des disciplines de spécialité : une seule épreuve sur quatre porte sur les savoirs disciplinaires en tant que tels et, en outre, le barème de notation conduit à les sous-évaluer nettement (1/6 de la note globale d’admission au CAPES). Les autres épreuves du concours se veulent à coloration « didactique », pédagogique » et sont destinées à évaluer des compétences dites « professionnelles ». Mais des compétences professionnelles peuvent-elles, dans ce domaine, s’évaluer sans élèves ? La disparition d’épreuves disciplinaires importantes aux concours ne peut que compromettre la qualité de l’enseignement dans les lycées et collèges : une formation professionnelle de qualité ne peut pas reposer sur la diminution des savoirs et la didactique, comme l’ont toujours défendu les spécialistes de cette discipline, n’a pas de sens sans ancrage disciplinaire. Au nom de la “professionnalisation”, cette réforme prive les étudiants du bagage théorique et méthodologique dont ils ont besoin pour tirer pleinement profit de la pratique de classe encadrée en M2 et pour s’approprier le métier d’enseignant de manière progressive, autonome et sure ; elle les prive du socle de connaissances indispensable à toute réflexion critique sur les apprentissages de leurs élèves et sur leurs objectifs.
    Le Département de Lettres Modernes note en outre que le calendrier prévuentraîne non seulement la surcharge du M1 au nom d’une rhétorique vide de « l’intégration » du disciplinaire, du didactique, du pédagogique et du professionnel mais qu’en M2 l’essentiel du temps soit inévitablement consacré au stage (mi-temps d’un service normal) . Une préparation disciplinaire insuffisante, une formation “professionnelle” illusoire (déconnectée de la pratique de terrain) et une initiation à la recherche inexistante : ce projet semble avoir réussi à proposer pire que la “masterisation”. Monté dans une précipitation qui affole les étudiants et se surajoute à 5 ans de réformes à marches forcées imposées aux préparateurs, en dépit de toutes les analyses et de tous les avertissements, ce projet aggrave la situation en créant les ESPE, placées sous l’autorité directe du Rectorat, et qui font des universités de simples prestataires de service de ces structures.
    Le Département de Lettres modernes de l’Université de Bourgogne tient à affirmer son attachement à la dimension scientifique disciplinaire des concours de recrutement du secondaire, et plus généralement à la dimension disciplinaire des formations universitaires. Conscient de sa responsabilité dans la réussite des étudiants, il s’interroge sur la place faite aux enseignants-chercheurs dans un dispositif qui lui semble à la fois inefficace et porteur d’une dégradation inacceptable de la qualité de la formation des enseignants. Il demande que soit ouverte une véritable concertation sur cette question, et que les enseignants-chercheurs y soient enfin réellement associés, à tous les niveaux. Il demande en outre que toutes les instances de l’université se saisissent de ces questions fondamentales pour l’avenir de notre système éducatif.

    Adoptée par 17 voix et une abstention à Dijon, le 14 février 2013


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  • Motion des enseignants d’histoire et de géographie de l’UFR SHS de l’UPEMLV

    réunis le vendredi 8 février 2013

    Les enseignants d’histoire et de géographie de l’UFR SHS de l’UPEMLV ( Université Paris Est Marne la Vallée) réunis le 8 février 2013 pour examiner les textes de la nouvelle réforme de la formation des enseignants, ont fait le constat que cette réforme risquait d’accélérer la dégradation de la formation des enseignants engagée par la mastérisation.
    Le nouveau concours prévu dans ces textes ne laisse qu’une place très réduite aux savoirs des disciplines de spécialité : une seule épreuve sur quatre porte sur les savoirs disciplinaires en tant que tels et, en outre, le barème de notation conduit à les sous-évaluer nettement (1/6 de la note globale d’admission au CAPES). Les autres épreuves du concours se veulent à coloration « didactique », pédagogique » et sont destinées à évaluer des compétences dites « professionnelles ». Comme si des compétences professionnelles pouvaient s’évaluer sans élèves ! Cette option pseudo-professionnelle dominante du concours mènera donc au bachotage d’un répertoire de « procédés didactiques » sans rapport avec une pratique de classe et sans ancrage disciplinaire et donc à un affaissement du niveau scientifique des enseignants. Faut-il le rappeler : une formation professionnelle de qualité ne peut pas reposer sur une maîtrise des savoirs diminuée et la didactique, comme l’ont toujours défendu les spécialistes de cette discipline, n’a pas de sens sans ancrage disciplinaire. À valoriser le « professionnel d’abord » déconnecté des autres savoirs, on risque de priver les étudiants du socle de connaissances indispensable à toute réflexion critique sur les apprentissages de leurs élèves et sur leurs objectifs ; on les prive du bagage théorique et méthodologique indispensable pour tirer pleinement profit de la pratique de classe encadrée en M2 et pour s’approprier le métier d’enseignant de manière progressive, autonome et sûre.
    Le calendrier prévu entraîne non seulement la surcharge du M1 au nom d’une rhétorique vide de « l’intégration » du disciplinaire, du didactique, du pédagogique et du professionnel mais en M2 l’essentiel du temps sera inévitablement consacré au stage (un mi-temps d’un service normal) : à vouloir tout faire en même temps, on aura donc une préparation disciplinaire insuffisante, une formation professionnelle illusoire (car non-adossée à une pratique de terrain) et une initiation à la recherche inexistante.
    La mention « MEEF » des nouveaux masters élimine l’affichage disciplinaire porteur de contenus. Plus profondément, on assiste à une dénaturation des maquettes de master, réduisant de plus en plus la part des disciplines du S1 au S4 et rendant quasi impossible, voire inutile, un véritable travail de recherche disciplinaire. Quelle pourra être notre place dans ce dispositif ? Le rythme effréné qu’entend maintenir le ministère pour mettre sur pied sa réforme n’est en outre pas fait pour nous rassurer. Pourquoi ne pas prendre le temps d’une véritable concertation avec les vrais acteurs – ceux du terrain si cher pourtant aux initiateurs du projet !- de la formation ? Les enseignants d’histoire et de géographie de l’UFR SHS de l’UPEMLV, conscients de leur responsabilité dans la réussite de leurs étudiants et de la nécessité d’améliorer la formation des futurs enseignants, s’interrogent donc sur leur place dans ce dispositif qui leur semble à la fois inefficace et porteur d’une dégradation inacceptable de la qualité de la formation des enseignants. Il nous semble indispensable que de nouvelles dispositions permettent à la formation disciplinaire et à la formation à la recherche des futurs enseignants d’occuper dans les MEEF une place significative, établie en concertation avec tous les acteurs de ces masters.
    Après avoir été quasiment écartés de la concertation concernant les nouveaux textes, il nous semblerait normal que les enseignants-chercheurs soient enfin réellement associés, à tous les niveaux, à la réflexion sur l’organisation des ESPE et à la mise en place de la nouvelle formation des enseignants du secondaire. Nous demandons en outre que toutes les instances de l’université se saisissent de ces questions fondamentales pour l’avenir de notre système éducatif.


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  • Motion relative au recrutement des enseignants du secondaire
 du Conseil de l’UFR LLCE (Langues, littératures et civilisations étrangères) de l’Université de Lorraine

    12 février 2013
    Le Conseil de l’UFR LLCE, réuni le 12 février 2013, s’alarme du projet de loi de Refondation de l’École, mené sans réelle concertation avec les universitaires et selon un calendrier qui ne permet pas la réflexion ni le bilan de ce qui a été fait précédemment. Il s’inquiète de la disparition des masters disciplinaires que cette réforme implique. Quant à la disparition d’épreuves disciplinaires importantes aux concours, elle ne peut que compromettre la qualité de l’enseignement dans les lycées et collèges : le Conseil tient à affirmer son attachement à la dimension scientifique disciplinaire des concours de recrutement du secondaire. Il déplore que le Ministère ne revienne pas sur la “Masterisation” des concours, qui notamment crée le problème des étudiants reçus-collés et nuit à l’année d’assistanat à l’étranger pour les étudiants. Il déplore également que le projet aggrave la situation en créant les ESPE, placées sous l’autorité directe du Rectorat, avec le risque pour les Universités d’en devenir de simples prestataires de service.

    Adoptée à l’unanimité moins une voix


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