• - Le GRFDE auditionné au Sénat sur les pré-recrutements

    LE GRFDE AUDITIONNÉ AU SÉNAT

    SUR LES PRÉ-RECRUTEMENTS

    par la commission de la culture, de l’éducation et de la communication

    Mardi 27 novembre 2012, une délégation du GRFDE (Groupe Reconstruire la Formation des Enseignants) composée de Marie-France Carnus, Christian Valade et Didier Frydman a été auditionnée sur le thème des pré-recrutements par la commission de la culture, de l’éducation et de la communication du Sénat.

    Celle-ci était représentée par M. Jacques-Bernard Magner, Sénateur du Puy-de-Dôme, président du Groupe d'études sur l'éducation populaire et la culture, membre du groupe socialiste et apparentés, Mme Brigitte Gonthier-Maurin, Sénatrice des Hauts-de-Seine, membre du groupe communiste républicain et citoyen, et Mme Colette Mélot, Sénatrice de la Seine-et-Marne, membre du groupe Union pour un Mouvement Populaire. M. François Dubet, sociologue,  professeur à l'Université Bordeaux II et directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales, signataire du texte fondateur du GRFDE, avait aussi été convié à cette audition par la commission. (Voir à la fin de l'article)

    Le GRFDE a resitué la question des pré-recrutements dans celle, plus globale, de la crise du recrutement des enseignants et de la reconstruction – impérative – de leur formation.

    La situation est désormais alarmante. Quand il y a moins de deux candidats présents par poste (CAPES de mathématiques ou de lettres modernes) ou, pire encore, moins de présents que de postes (CAPES de lettres classiques), les conditions nécessaires pour recruter des étudiants de bon niveau ne sont plus réunies et l’administration en arrive à ne pas attribuer des centaines de postes.

    Chiffres à l’appui les membres de la délégation ont montré que la désaffection pour les concours ne saurait s’expliquer par le seul fait qu’il faut désormais un master et non une licence pour s’y présenter. Ce fait n’explique pas notamment l’absence de plus en plus massive des inscrits aux épreuves écrites. La cause de la crise du recrutement n’est pas non plus la seule baisse du nombre de postes. Elle est à chercher également dans l’accroissement des difficultés croissantes des études pour devenir enseignant.

    La désaffection pour les concours s’explique par la conjonction de plusieurs facteurs :

    • La diminution du nombre de postes a pu laisser penser que la sélection serait renforcée.

    • L’allongement de la durée des études imposé par la masterisation du recrutement augmente la probabilité, en particulier pour les étudiants d’origine modeste, de devenir salariés et d’abandonner leurs études.

    •  Avec la réforme dite de la « mastérisation », le premier traitement, celui de fonctionnaire-stagiaire, a été repoussé d’un an, pour n’intervenir qu’à bac + 6.

    • Le caractère calamiteux des masters « métiers de l’enseignement » qui oblige les étudiants à mener de front la validation du master incluant une recherche, la préparation du concours et des stages en responsabilité devant élèves.

    • L’absence de réelle formation professionnelle, que ce soit avant ou après le concours, qui laisse les nouveaux recrutés livrés à eux-mêmes face aux élèves.

    • L’absence de visibilité sur les parcours permettant de devenir enseignants, en particulier la conviction largement répandue dans l’opinion publique que les I.U.F.M. avaient disparu.

    • À tout cela, il faut ajouter que le métier d’enseignant est devenu peu attrayant : pouvoir d’achat en baisse, détérioration des conditions de travail, dégradation de leur image dans la société…

    Pour sortir de la crise du recrutement, les remèdes doivent intervenir sur chacun des facteurs contribuant à l’expliquer.

    Le GRFDE propose :

     • Des pré-recrutements pour permettre aux étudiants d’origine modeste de poursuivre leurs études. Ces pré-recrutements sont obtenus par un concours accessible sur critères sociaux organisé en fin de L1 et fin de L2 et donnent droit à une bourse d’étude d’un montant suffisant pour ne pas contraindre les étudiants à rechercher un emploi (environ 1100 € par mois). Le pré-recrutement engage l’étudiant à se présenter aux concours de recrutement, suivre assidument les formations et exercer comme enseignant un certain nombre d’années. Ces pré-recrutements doivent bénéficier à un nombre suffisant d’étudiants : 50 % des postes mis aux concours en L3 semble une proportion minimale.

    • D’augmenter le nombre de postes aux concours dans le cadre d’un plan pluriannuel de recrutement (5 ans).

    • De situer plus précocement le concours de recrutement (en fin de L3) pour, entre autres choses, réduire les risques d’abandon d’études ; de prévoir un accès par concours en année M2 enseignement pour les étudiants déjà titulaires d’un master.

    • De rémunérer les études de tous les nouveaux recrutés (M1 et M2) par une allocation d’étude, sous statut d’élève-professeur (environ 1500 € par mois).

    • De dissocier la préparation du concours et celle du diplôme, en situant le concours de recrutement en fin de L3.

    • D’améliorer la qualité de la formation professionnelle, notamment en augmentant sa durée (M1, M2 et année de fonctionnaire stagiaire) ; ce dispositif s’avère en outre moins dispendieux que les autres scénarios envisagés car il consiste à former et rémunérer uniquement les lauréats des concours[1].

    • De faciliter l’entrée dans le métier par un service réduit lors de la première année d’exercice.

    • De revaloriser le métier d’enseignant.

    Face à la situation actuelle, les pré-recrutements apportent une réponse importante. Ils permettent une démocratisation du recrutement, ils répondent à l'exigence de justice sociale dans le droit aux études tout en contribuant à résoudre la crise du recrutement. Toutefois, l’approche du problème doit être plus globale tant s’additionnent les causes de désaffection pour le métier d'enseignant. C’est par la refonte totale de la formation et du recrutement des enseignants qu’on pourra à la fois régler la crise du recrutement et progresser vers une école de la République plus égale et plus efficace.


    [1] Une étude sur les coûts financiers de la FDE est en cours. Nous la publierons prochainement.

     

    M. Jacques-Bernard Magner,

    Sénateur du Puy-de-Dôme,

    président du Groupe d'études

    sur l'éducation populaire

    et la culture,

    membre du groupe

    socialiste et apparentés.

    http://www.senat.fr/senateur/

    magner_jacques_bernard

    11104d.html

    mailjb.magner@senat.fr

    LE GRFDE AUDITIONNÉ AU SÉNAT SUR LES PRÉ RECRUTEMENTS

    Mme Brigitte Gonthier-Maurin,

    Sénatrice des Hauts-de-Seine,

    membre du

    groupe communiste

    républicain et citoyen.

    http://www.senat.fr/senateur/

    gonthier_maurin_brigitte

    07026q.html

    mail : 

    b.gonthier-maurin@senat.fr

     

    LE GRFDE AUDITIONNÉ AU SÉNAT SUR LES PRÉ RECRUTEMENTS

    Mme Colette Mélot,

    Sénatrice de la

    Seine-et-Marne,

    membre du groupe

    Union pour un

    Mouvement Populaire, professeur d'anglais.

    http://www.senat.fr/senateur/

    melot_colette

    04057k.html

     mail : c.melot@senat.fr

    LE GRFDE AUDITIONNÉ AU SÉNAT SUR LES PRÉ RECRUTEMENTS

    Marie-France Carnus

    Professeure des Universités (Sciences de l'Education),

    IUFM Midi-Pyrénées,école interne de l'Université

    de Toulouse 2-Le Mirail,

    présidente de l’association Enseigner est un métier qui s’apprend.

    LE GRFDE AUDITIONNÉ AU SÉNAT SUR LES PRÉ RECRUTEMENTS

    Christian Valade

    IUFM de Midi Pyrénées, professeur agrégé (TICE),

    IUFM de Midi-Pyrénées, école interne de l'Université de

    Toulouse-Le Mirail,

    membre de l'association Enseigner est un métier qui s'apprend.

    LE GRFDE AUDITIONNÉ AU SÉNAT SUR LES PRÉ RECRUTEMENTS

    Didier Frydman 

    Professeur agrégé (Histoire),

    IUFM de l'académie de Créteil,

    école interne de

    l'Université Paris-Est Créteil (UPEC), co-fondateur du Collectif 93

    De la maternelle à l'université.
    LE GRFDE AUDITIONNÉ AU SÉNAT SUR LES PRÉ RECRUTEMENTS

    M. François Dubet,

    Sociologue, professeur à l'Université Bordeaux II et directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales,

    signataire du texte fondateur du GRFDE.

    LE GRFDE AUDITIONNÉ AU SÉNAT SUR LES PRÉ RECRUTEMENTS

     


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